Thiès : le PACASEN a appuyé 15 collectivités territoriales entre 2019 et 2024, pour 14,2 milliards FCFA
Thiès : le PACASEN a appuyé 15 collectivités territoriales entre 2019 et 2024, pour 14,2 milliards FCFA

SENEGAL-DECENTRALISATION-INVESTISSEMENTS

Thiès, 18 juin (APS) – Le Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (PACASEN) a apporté “un appui multiforme” 15 collectivités territoriales de la région de Thiès (ouest) entre 2019 et 2024, pour un montant estimé à plus de 14  milliards de FCFA, a appris l’APS, jeudi, de l’adjoint au gouverneur, en charge du développement, Ababacar Sadikh Niang.

“La région de Thiès a bénéficié, à travers le PACASEN, d’un appui multiforme qui a considérablement impacté la vie de 15 collectivités territoriales et de nos chères populations”, a-t-il dit lors d’un atelier régional  consacré  à la capitalisation du  programme à Thiès.

Le PACASEN, fruit d’une coopération tripartite entre l’État du Sénégal, la Banque Mondiale (BM) et l’Agence française de développement (AFD), a été approuvé le 31 janvier 2018 par le conseil d’administration de la Banque Mondiale.

La capitale du rail abrite ainsi la première réunion de capitalisation du PACASEN, dont l’objectif est d’écouter les élus et de consulter les acteurs de manière générale, afin de recueillir leur ressenti, ainsi que les résultats et impacts du programme auprès des communautés.

Dans le département de Thiès, sept collectivités territoriales ont bénéficié du PACASEN, a dit l’adjoint au gouverneur. Il s’agit de la ville de Thiès, des communes de Kayar, Khombole, Pout, Thiès-ouest,  Thiès-est et de Thiès-nord.

Cinq collectivités territoriales étaient éligibles au PACASEN dans le département de Mbour, à savoir les communes de Mbour, Joal-Fadiouth, Saly-Portudal, Nguékhokh et Thiadiaye.

Pour ce qui est du département de Tivaouane, trois  communes ont reçu l’appui du PACASEN, en l’occurrence Tivaouane, Mékhé et Mboro.

“Ces 15 communes ont effectivement reçu une allocation totale estimée à 14 285 419 523 FCFA entre 2019 et 2024”, a indiqué M. Niang, ajoutant que, par ailleurs, 464 projets ont été financés par le PACASEN dans la région au cours de la même période.

“Depuis le démarrage du programme, nous avons assisté à des transformations profondes et visibles sur l’ensemble de notre territoire régional”, a témoigné Ababacar Sadikh Niang.

Il a évoqué des “investissements structurants” consentis dans le domaine des infrastructures communales. Ce qui a aidé, selon lui, les communes bénéficiaires à construire et réhabiliter des marchés, des espaces publics, des voiries communales, des équipements sociaux de base et “bien d’autres réalisations qui ont amélioré considérablement les conditions de vie de nos concitoyens”.

En termes de renforcement de capacités, les élus territoriaux, secrétaires municipaux et techniciens communaux ont bénéficié de “formations adaptées qui leur ont permis de mieux maîtriser leurs outils de planification, de gestion financière et de redevabilité”, a-t-il poursuivi.

“La mise en œuvre du Fonds d’équipement des collectivités territoriales (FECT) et la modernisation de la fiscalité locale ont contribué, à améliorer significativement les ressources propres de nos communes”, a-t-il ajouté.

Le PACASEN a aussi impacté la gouvernance locale, en poussant plusieurs collectivités à “ériger la transparence budgétaire et la participation citoyenne en principes directeurs de leur gestion”.

Thiès : le PACASEN a appuyé 15 collectivités territoriales entre 2019 et 2024, pour 14,2 milliards FCFA

Les défis à relever avec le PACASEN II

“Ces avancées remarquables témoignent de la maturité croissante de notre démocratie locale”, s’est félicité l’adjoint au gouverneur de Thiès, en charge du développement.

“Le PACASEN a fait une marche de sept ans dans les 14 régions du Sénégal, autour de 124 communes”, a son directeur général, Mahmoud Diop.

Il a expliqué qu’après les transferts visant à soutenir les investissements des collectivités territoriales, “il est normal de faire le bilan du développement urbain dans les communes bénéficiaires”, alors que le PACASEN arrive à son terme.

“Les résultats que nous documenterons, les bonnes pratiques que nous capitaliserons, les recommandations que nous formulerons ensemble constitueront une contribution précieuse à l’architecture du PACASEN II et plus largement, à l’édifice d’une décentralisation sénégalaise plus efficace, plus équitable et porteuse de développement durable”, a dit Ababacar Sadikh Niang.

Il estime que “si les résultats du PACASEN sont indéniables”, “il reste beaucoup de défis à relever” dans la “décentralisation sénégalaise en marche”.

“Nos collectivités continuent de faire face à des contraintes importantes en matière de ressources humaines qualifiées, de capacités d’autofinancement et de maîtrise d’ouvrage des investissements”, a-t-il relevé.

S’y ajoute la question de “l’adéquation entre les missions dévolues aux communes et les ressources réellement transférées” qui, selon lui, “demeure un enjeu central”.

“En outre, a-t-il dit, les défis liés au changement climatique interpellent directement nos collectivités territoriales, appelées à intégrer les enjeux environnementaux dans leurs plans de développement local”.

Il  note que concernant le PACASEN II, les attentes des acteurs de la région de Thiès portent sur une consolidation et une extension du FECT, le Fonds d’équipement des collectivités territoriales, pour couvrir un plus grand nombre de communes, avec “des montants adaptés à leur taille et à leurs ambitions de développement”.

Les communes ont aussi besoin d’un renforcement de l’appui technique en matière de planification urbaine et de gestion des services de base.

La phase 2 du PACASEN devra aussi mettre “un accent particulier sur le numérique et la modernisation des services communaux”, ainsi que sur “une meilleure intégration des enjeux climatiques et de la résilience dans les investissements locaux”, a  dit Ababacar Sadikh Niang.

Il a aussi évoqué “le renforcement de la participation citoyenne et de la redevabilité à tous les niveaux”.

BT/ADI/BK