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Dakar, 23 avr (APS) – Des figures féminines sénégalaises, telles que Rose Dieng-Kuntz, Fatimata Sèye Sylla, Maimouna Diop et Ndèye Fatou Coundoul Thiam, ont marqué l’histoire de l’informatique par leur engagement pionnier, contribuant à structurer ces technologies émergentes au Sénégal et au-delà pour la postérité.
A l’occasion de la journée internationale des filles dans le secteur des TIC célébrée le quatrième jeudi du mois d’avril de chaque année depuis 2011, sous l’égide des Nations unies, l’Agence de presse sénégalaise revisite le parcours inspirant de quelques figures féminines sénégalaises marquantes de l’informatique et du numérique à partir de la fin des années 1970.
Rose Dieng-Kuntz
“La prochaine fois que vous utiliserez Wikipedia, ayez une pensée pour Rose Dieng-Kuntz. Cette chercheuse en informatique, née au Sénégal, a joué un rôle clé dans la création de l’encyclopédie en ligne.” C’est avec ces termes élogieux que Télécom Paris, établissement d’enseignement supérieur français de référence où elle a obtenu son diplôme en 1980, a présenté cette universitaire et chercheuse sénégalaise de renom.
Née à Dakar en 1956, Rose Dieng-Kuntz est considérée comme l’une des premières femmes sénégalaises informaticiennes de haut niveau scientifique.
Spécialiste avant l’heure de l’intelligence artificielle et de la gestion des connaissances, elle devient une référence internationale en informatique après des études à l’École polytechnique et à Télécom Paris, avant d’intégrer l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (INRIA), toujours en France dans les années 1980.
Première femme africaine à intégrer l’École polytechnique de Paris, en 1976, elle est aussi la première cheffe de projet à l’INRIA en 1992. Ses recherches ont beaucoup porté sur le web sémantique dès 1995 puis l’intelligence artificielle à partir de 2005, à une époque où ces concepts étaient largement abstraits et méconnus du grand public, peut-on lire sur le site de Télécom Paris dont un amphithéâtre a été baptisé du nom de la scientifique sénégalaise.
Outre l’université France-Sénégal Rose Dieng Kuntz, une rue dans la ville française de Nantes porte également le nom de la lauréate, en 2005, du prix Irène-Joliot-Curie, soit trois ans avant sa mort à seulement 52 ans.
Le décès de Rose Dieng-Kuntz, survenu le 30 juin 2008, à Nice (France), “prive l’Afrique et particulièrement le Sénégal d’une pierre angulaire dans la contribution africaine au progrès en sciences et techniques avancées”, avait réagi Christian Sina Diatta, à l’époque ministre en charge de la Recherche scientifique et technologique.
“Au moment où l’Afrique s’intéresse à sa contribution, Rose Dieng s’en va, non sans laisser des traces dans des domaines de pointe du savoir et plus précisément dans celui du partage et de la gestion des connaissances”, avait fait remarquer le professeur de physique à l’UCAD.
Maimouna Diop
En tant que première directrice des TIC en 2004, Maimouna Diop a également joué sa partition dans ce processus de structuration du numérique au Sénégal. Précédemment directrice technique de la Société franco-africaine de l’Internet (SOFRALI) de 1995 à 1998 après être sortie major de sa promotion d’ingénieur en informatique de l’Ecole supérieure polytechnique (ESP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), elle intègre la Sonatel (société nationale de Télécommunication) où elle a exercé les fonctions d’ingénieur Support données de 1995 à 2000.
Fatimata Sèye Sylla
Fatimata Sèye Sylla s’illustre également comme une figure centrale du déploiement des technologies de l’information et de la communication au Sénégal. Formée en informatique et en gestion des systèmes d’information, elle a joué un rôle clé dans les premières politiques d’introduction des TIC dans l’éducation et le secteur public sénégalais. Fatimata Sèye Sylla aura également dirigé le premier projet national introduisant les TIC dans le système d’éducation, renseigne sa biographie.
Membre fondateur d’OSIRIS (une organisation non-gouvernementale qui vise à promouvoir l’usage des TIC au Sénégal), elle a aussi travaillé pour plusieurs agences des Nations unies ainsi que pour le Centre international de recherche et développement (IDRC) et pour l’Institut Panos.
Ingénieure de Conception en informatique, l’ex-point focal du Sénégal au GFCE (Global Forum for Cyber Expertise), Ndèye Fatou Coundoul Thiam, est aussi citée parmi ces pionnières de l’informatique au Sénégal. Elle a participé activement à l’élaboration de la Stratégie nationale Sénégal Numérique 2025 et de la Stratégie nationale de Cybersécurité SNC2022, indique-t-on.
Membre du Groupe de travail sur la cybersécurité au Sénégal et de l’Association sénégalaise pour la sécurité des systèmes d’information (ASSI), Mme Thiam est diplômée en informatique de l’Université Joseph Fourrier de Grenoble (France), après un DEA (diplôme d’études approfondies) de mathématiques appliquées à l’Université René Descartes de Paris, et une maitrise de mathématiques appliquées à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
Moussoukoro Diop
Moussoukoro Diop est aussi citée comme une autre figure contemporaine notable de la digitalisation au Sénégal. Ingénieure en informatique formée à l’École supérieure polytechnique et à l’Institut supérieur d’informatique, à Dakar, elle appartient à une génération d’ingénieures qui, dans les années 2000, ont participé à la structuration des métiers du numérique dans les télécommunications et les services digitaux. Dans le Forbes Afrique du mois de juin 2015, elle a été citée comme une des rares femmes d’Afrique de l’Ouest à innover dans le domaine du digital.
Adji Bousso Dieng
Plus récemment, la chercheuse Adji Bousso Dieng s’est imposée dans le champ de l’intelligence artificielle et de la science des données à l’échelle mondiale. Enseignante à l’université de Princeton, aux Etats-Unis, elle s’est inscrite dans la continuité des pionnières sénégalaises en informatique et contribue à la visibilisation des compétences féminines africaines dans les sphères les plus élevées.
En février 2026, la native de Kaolack a été nommée par le Secrétaire général des Nations unies parmi les quarante membres du Panel scientifique international indépendant devant contribuer à éclairer la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
De Rose Dieng-Kuntz à Adji Bousso Dieng, en passant par Ndèye Fatou Coundoul Thiam et Maimouna Diop, ces trajectoires féminines tracent une ligne de continuité entre les premières avancées scientifiques et les défis numériques contemporains, en documentant l’implication de compétences de femmes sénégalaises dans l’évolution des sciences informatiques, au-delà des frontières nationales et dans des stations de haut niveau.
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