SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE-PARTICIPATION
Dakar, 25 sept (APS) – Cinquante-quatre artistes visuels venant d’une vingtaine de pays figurent dans la sélection officielle de l’Exposition internationale de la 16e Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, prévue du 19 novembre au 19 décembre prochains, a-t-on appris du directeur artistique du Dak’Art, le Franco-iranien Morad Montazami.
Les artistes retenus sont originaires d’Afrique, d’Europe, des Etats-Unis et d’Amérique latine, a-t-il précisé lors de la cérémonie officielle de lancement du Dak’Art 2026, jeudi, au Musée des civilisations noires, à Dakar.
La cérémonie a été présidée par le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam, en présence de son collègue Bacary Sarr, ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, porte-parole du gouvernement.
Le président du comité d’orientation du Dak’Art, l’ancien ministre des Finances Abdoulaye Diop, a également pris part à cette cérémonie de lancement, ainsi que de nombreux professionnels du secteur.
Selon Morad Montazami, en plus des 54 artistes visuels retenus, 21 autres artistes ont été sélectionnés pour la section design dont le Sénégalais Youssouf Fofana est le commissaire.
Au total, 75 artistes ont été sélectionnés, auxquels s’ajoutent le grand témoin de cette édition, le Marocain Faouzi Laatiris, sans compter la carte blanche réservée aux Sénégalais Serigne Mbaye Camara et Abdoulaye Niokhor Bob dit Ngor, à qui la biennale va rendre hommage.
Presque 900 dossiers de candidature ont été reçus, base à partir de laquelle un collectif de curators, dont la Sénégalaise Fatou Bintou Rassoul Sy de Raw Material Compagny, ont retenu 54 artistes visuels et 21 designers, a indiqué M. Montazami.
Les artistes sélectionnés pour l’exposition internationale et la section design viennent du Sénégal, de l’Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo, du Kenya, de la France, de la Tunisie, du Cap-Vert, du Mali, du Nigéria, de l’Ethiopie, du Ghana, des Etats-Unis et du Maroc.
Le Brésil, Madagascar, la Guinée-Bissau, la Guinée Conakry, l’Ile Maurice, la Mauritanie, le Soudan, le Suriname, le Cameroun, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, le Royaume Uni, la Suisse, le Burkina Faso, le Bostwana, le Togo et l’Egypte sont aussi représentés.
11 artistes visuels et trois designers Sénégalais dans la sélection
Onze Sénégalais font partie des artistes sélectionnés pour l’exposition internationale. Il s’agit de Ibrahima Cissé “Déb’s”, Aliou Diack, Serigne Ibrahima Dièye, Pape Diop, Mbaye Babacar Diouf, Eva Diallo, Caria Guèye, Hamadine Kane, Cheikh Ndiaye, Ibrahima Niang “Piniang”, El Hadj Sy.
Dans la section design, il y a trois artistes sénégalais que sont Aïssa Dione, Balla Niang et Mauro Petroni.
Le directeur artistique du Dak’Art, évoquant les critères ayant prédominé dans la sélection, a cité “la nouveauté” et “l’émergence”. La sélection a également pris en compte la situation des artistes “pas assez représentés, ceux des territoires insulaires et archipéliques, les Dom-Tom, le Suriname, Maurice, les territoires où les artistes ont des difficultés à devenir visible”.

Il estime que pour ces artistes, ”le Sénégal et Dak’Art est une énorme plateforme de visibilité”.
Il y aura aussi “tout l’envers du décor, des artistes qui sont dans la société”, a-t-il signalé, ajoutant : “On aura dans cette Biennale un artiste comme Pape Diop” par exemple, “qui crée dans la rue, expose ses œuvres sur les trottoirs de Dakar, à la Médina, et qui n’est pas du tout un artiste montré dans les musées”.
“On aura aussi quelques grands noms comme Georges Adéagbo (Bénin) et Ernest Breleur (France), des artistes confirmés. Mais on aura une grande majorité de découvertes, d’artistes émergents ou d’artistes considérés comme marginaux dans le sens où ils ont décidé eux-mêmes d’occuper la marge, d’être avec la société plutôt que d’avoir une position d’autorité ou de pouvoir”, explique-t-il.
Cette perspective a conduit l’équipe curatoriale qu’il dirige à “donner une nouvelle vision de la Biennale, ne surtout pas faire comme les autres, ne surtout pas se répéter. Mais remettre à l’honneur des artistes comme Ibrahima Cissé Déb’s, Serigne Ibrahima Dièye, Ibrahima Niang Piniang, connus par le milieu de l’art, mais qui ne sont pas montrés à leur juste valeur”, a-t-il dit.
L’exposition internationale va rassembler des artistes de toutes les disciplines et de tous les horizons de l’Afrique et de sa diaspora à travers le monde, autour de la thématique de cette édition, à savoir “(Anti) fragilité : arts de la réparation et stratégies du contrecoup”.
Selon le directeur artistique du Dak’Art 2026, à travers cette thématique, les artistes “cherchent à repenser nos formes du vivre ensemble, d’entre aide, de coexistence, de cohabitation entre humains, mais aussi avec le vivant”.
La République démocratique du Congo (RDC) est le pays invité d’honneur de cette édition.

“Avec le thème de +L’Anti–fragilité+, nous ne pouvons pas avoir meilleur pays que la République démocratique du Congo (RDC), pour ce que ce grand pays représente dans ce continent africain”, a de son côté souligné la secrétaire générale de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, Marième Ba.
En terme de “résilience, de co-construction, d’anti-fragilité […], la RDC suffit pour être le pays invité d’honneur et c’est un honneur”, a expliqué la secrétaire générale du Dak’Art.
Mme Ba a précisé que l’ancien palais de Justice de Dakar a été retenu comme le site principal devant abriter l’exposition internationale et la section design.
Un hommage sera rendu à l’artiste sénégalais Abdoulaye Niokhor Bob dit Ngor et au grand témoin de ce Dak’Art, le Marocain Faouzi Laatiris.
Plus de quatre-cent manifestations d’environnement, représentant le volet Off du Dak’Art 2026, sont attendues sur tout le territoire national et au sein de la diaspora.
FKS/BK
