Le Dak’Art 2026 propose une réflexion sur la puissance esthétique de la fragilité (directeur artistique)
Le Dak’Art 2026 propose une réflexion sur la puissance esthétique de la fragilité (directeur artistique)

SENEGAL-MONDE-CULTURE

Dakar, 25 sept (APS) – Le thème ”(Anti) fragilité”, retenu pour la seizième édition de la Biennale de l’Art africain contemporain de Dakar, propose une réflexion sur la fragilité comme puissance esthétique et foyer poétique, tout en ouvrant une fenêtre sur les arts de la réparation et les stratégies du contrecoup, a expliqué le directeur artistique du Dak’Art, le Franco-Iranien Morad Montazami.

”La thématique de l'(anti) fragilité est liée au fait qu’on s’intéresse d’abord à la fragilité en tant que puissance esthétique et foyer poétique de la fragilité. Et quand on entre dans l’anti-fragilité avec les parenthèses, l’on évoque ce qu’on pourrait appeler les arts de la réparation et les stratégies de contrecoup”, a-t-il déclaré.

M. Montazami s’exprimait, jeudi, lors de la cérémonie marquant le lancement officiel de la 16ème édition de Dak’Art, qui se tiendra du 19 novembre au 19 décembre prochains.  

La République Démocratique du Congo est le pays invité d’honneur de cette édition.

Cette rencontre s’est déroulée en présence du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam, du ministre de la Communication et des Relations avec les institutions, porte-parole du gouvernement Bacary Sarr.

Plusieurs artistes et acteurs culturels, ainsi que des représentations diplomatiques y ont également pris part.

Le Dak'Art 2026 propose une réflexion sur la puissance esthétique de la fragilité (directeur artistique)

”Ça fait plusieurs années que les artistes du continent africain et ceux du monde entier s’intéressent beaucoup à ces thématiques du soin, de la réparation et de ce qu’on a appelé le contrecoup ou le contre-choc”, a-t-il souligné.

La fragilité se manifeste, selon lui, à travers notamment les situations d’instabilité que subissent les sociétés africaines, notamment en République démocratique du Congo, pays invité d’honneur de l’édition 2026 du Dak’Art.

”C’est cet (anti) fragilité qui va rassembler des artistes de toutes les disciplines et de tous les horizons issus du continent africain et des diasporas à travers le monde, y compris des espaces insulaires […]”, ajoute le directeur artistique.

Il souligne que les artistes qui prendront part à cette 16e Biennale ”cherchent à repenser les formes de vivre ensemble, d’entraide, de coexistence, de cohabitation, non seulement entre humains, mais aussi avec le vivant”. 

Le Dak'Art 2026 propose une réflexion sur la puissance esthétique de la fragilité (directeur artistique)

Il estime que ces artistes construisent des refuges et inventent de nouvelles approches thérapeutiques et réparatrices, à travers leurs œuvres.

”Dans cet esprit, être (anti) fragile, c’est l’attitude consistant à faire de la fragilité une force expressive et artistique, en valorisant le lien social et communautaire, qu’est la co-création”, a-t-il poursuivi.

Soixante-quinze artistes venus d’Afrique et d’ailleurs, soit 54 artistes visuels et 21 designers, ont été retenus dans la sélection officielle du Dak’Art 2026, dont le grand témoin de la manifestation, à savoir l’artiste marocaine Faouzi Laatiris.

Il y a aussi Abdoulaye Niokhor Bob dit Ngor a qui la Biennale de Dakar va rendre hommage.

AMN/FKS/BK