SENEGAL-SANTE-COLLECTIVITÉS
Mbour, 25 sept (APS) – Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, de concert avec les élus territoriaux, les organisations de la société civile et les acteurs communautaires, a engagé une concertation visant à réformer la politique nationale de santé communautaire, mise en œuvre depuis 2013.
Dans ce cadre, un atelier d’orientation s’est tenu jeudi à Mbour, en vue de “recueillir les contributions des différents acteurs sur les enjeux et les limites de la politique actuelle, afin de co-construire une nouvelle politique davantage adaptée aux besoins des populations”, a expliqué docteur Aminata Diop, conseillère technique du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique.
“Après plus de dix ans de mise en œuvre, il est normal de se réunir pour voir les enjeux et les limites de la politique de santé communautaire”, a-t-elle déclaré à la fin de cet atelier d’orientation et de concertation.
Selon docteur Aminata Diop, la politique nationale de santé communautaire se justifie par ”les mutations auxquelles le système de santé est désormais confronté”.
Elle a notamment cité la recrudescence des maladies non transmissibles telles que le diabète et l’hypertension artérielle, les effets du changement climatique, la dégradation de la qualité de l’air, le vieillissement de la population et les enjeux liés à la santé mentale.
La réforme devra notamment permettre de revoir le profil, la formation, le statut et la rémunération des acteurs de santé communautaire, dont la situation actuelle constitue l’une des principales limites de la politique mise en œuvre depuis 2013, selon la représentante du ministre.
“Nous avons des acteurs de santé communautaire qui n’ont pas de statut et qui ne sont pas suffisamment professionnalisés”, a-t-elle souligné, estimant nécessaire de disposer d’agents “motivés, avec un bon profil et une bonne formation” pour répondre aux nouveaux besoins sanitaires des populations.
Mme Diop a également insisté sur la nécessité d’un engagement accru de l’État dans le financement de la santé communautaire, estimant que les partenaires pourraient ensuite intervenir en appui aux efforts publics.
Représentant l’Union des associations des élus locaux (UAEL), le maire de la commune de Ndiédieng, Abdoul Aziz Mbodj, a souligné le rôle central des collectivités territoriales dans la mise en œuvre de la santé communautaire.

“On ne peut pas parler de santé communautaire sans parler des territoires, ni associer les maires”, a-t-il soutenu, rappelant que les communes interviennent notamment dans la sensibilisation, la mobilisation des populations et l’accompagnement des structures sanitaires.
Il a toutefois déploré l’insuffisance des ressources transférées aux collectivités territoriales pour leur permettre d’assumer pleinement les compétences qui leur sont dévolues dans le domaine de la santé.
“Les ressources transférées par le fonds de dotation ne suffisent pas pour couvrir l’éducation, la santé et les salaires”, a-t-il indiqué, appelant à une meilleure adéquation entre les compétences transférées et les ressources mises à la disposition des collectivités.
Abdoulaye Aziz Mbodj a également plaidé pour que les agents de santé communautaire puissent bénéficier d’un statut, voire même qu’ils soient intégrés dans un corps de la fonction publique locale, afin de renforcer leur stabilité et leur motivation.
Cet atelier d’orientation et de concertation a réuni des présidents d’élus territoriaux, des représentants de l’UAEL, des organisations de la société civile et des réseaux d’acteurs communautaires, de même que des associations de malades et des organisations représentant les groupes vulnérables.
Les participants sont appelés à formuler des propositions permettant de redéfinir la politique nationale de santé communautaire afin de mieux l’adapter aux réalités des territoires et aux nouveaux défis sanitaires.
DS/ADL/HK/BK
