Dakar veut mettre à profit les accords Artemis pour s’imposer dans les grands programmes spatiaux mondiaux
Dakar veut mettre à profit les accords Artemis pour s’imposer dans les grands programmes spatiaux mondiaux

SENEGAL-TECHNOLOGIES-ENJEUX

Dakar, 15 mai (APS) – Le Sénégal mise sur sa participation aux accords Artemis pour intégrer les grands programmes internationaux d’exploration spatiale et accélérer le développement de compétences technologiques nationales, a indiqué le directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), Maram Kairé.

Les accords Artemis, mis en place en 2017 sous la présidence de Donald Trump, encadrent la coopération internationale pour l’exploration spatiale dans le cadre du programme lunaire Artemis.

L’adhésion du Sénégal à ces accords représente “un choix stratégique” destiné à éviter au pays de rester à l’écart des grandes mutations technologiques liées à la conquête spatiale, a confié M. Kairé dans un entretien avec l’APS.

“Quand des pays se préparent à retourner sur la Lune, c’est dans l’ambition d’aller demain vers Mars”, a-t-il expliqué, rappelant que le programme Artemis constitue la suite des missions Apollo ayant permis les premiers pas de l’homme sur la lune entre 1969 et 1972.

Le Sénégal, devenu le 56e signataire des accords Artemis après la création de l’Agence sénégalaise d’études spatiales en mars 2023, entend tirer profit des opportunités de coopération offertes par cette initiative qui rassemble plus d’une soixantaine de pays autour de la NASA et des États-Unis.

Selon le directeur général de l’ASES, cette intégration permet aux signataires “d’accéder à des réseaux de collaboration technologique indispensables pour une jeune nation qui ambitionne de devenir un acteur du spatial”.

Il estime par exemple que les projets liés au retour sur la Lune auront des retombées directes sur les secteurs du numérique, de la recherche et de l’innovation au Sénégal.

L’ASES participe déjà à des appels à projets lancés par la NASA autour de l’installation de futures bases permanentes à la surface lunaire, avec l’implication d’ingénieurs et de techniciens sénégalais, s’est félicité son directeur général.

Maram Kairé a, par ailleurs, évoqué les discussions engagées avec la Chine autour d’une future station orbitale lunaire dont la mise en service est prévue à partir de 2035.

Selon lui, cette coopération permettra à des jeunes Sénégalais d’accéder à des formations de haut niveau dans les technologies spatiales avancées.

Un premier bénéficiaire a déjà été formé en Chine, tandis qu’un second groupe est en préparation, a-t-il fait savoir.

M. Kairé a aussi souligné l’ambition du Sénégal de devenir “un maillon stratégique” des télécommunications spatiales, rappelant le rôle joué autrefois par la station de Gandoul, près de Sébikotane, dans le suivi des navettes spatiales américaines au-dessus de l’Atlantique.

Les accords Artemis, mis en place en 2017 encadrent “la coopération internationale” pour l’exploration spatiale. Ils visent essentiellement à fournir un “ensemble de principes communs pour améliorer la gouvernance de l’exploration et de l’utilisation civiles de l’espace extra-atmosphérique”, peut-on lire sur le site de la NASA.

Le Sénégal a signé ces accords en juillet 2025, devenant ainsi le 56e signataire par les 67 pays qui composent aujourd’hui cette plateforme qui offre, entre autres opportunités, “la déconfliction des activités spatiales, la publication de données scientifiques, l’enregistrement des objets spatiaux, l’aide d’urgence et l’interopérabilité”, renseigne la même source.

SMD/MTN/BK