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Dakar, 28 août (APS) – Entre baignade, promenade et quête de fraîcheur, les plages de Dakar connaissent une affluence record en cette période de chaleur, correspondant aux vacances d’été. Les visiteurs envahissent les lieux, tandis que les commerçants de plage saisissent l’occasion pour multiplier ventes et profits.
Il est 16 heures à la plage dite BCEAO, à Yoff, ce dimanche, jour de repos pour les travailleurs formels. Le soleil décline lentement, mais la chaleur est persistante. La foule de visiteurs, en quête de moments de fraicheur, continue donc de grossir.
Les vagues déposent leur écume sur le sable, où des enfants rient en courant, poursuivis par l’eau de la mer qui vient chatouiller leurs pieds nus.
Plus loin, des surfeurs défient les vagues pendant que des familles, des groupes d’amis et des couples s’installent face à l’océan savourant l’air marin.
Le long de la plage, le promeneur est saisi par l’odeur de poissons braisés, les vendeurs à la criée rivalisant avec le fracas des vagues et le brouhaha des conversations.
Amuse-bouche et rafraîchissements s’écoulent à côté des cabanons et des parasols pris d’assaut par les amoureux de la plage, tandis que les tenanciers des restaurants exposent l’incontournable menu de poissons braisés. Chacun, à sa manière, cherche à capter l’attention des visiteurs.
Cette affluence, particulièrement les week-ends, rime avec bonnes affaires. Vendeurs de “fatayas”, de pop-corn, de “madd”, de noix de coco, etc., dressent le même constat : la chaleur booste leurs ventes. Les samedis, et surtout les dimanches, sont les journées les plus lucratives.
Sous un grand parasol, Nabou, vendeuse, discute avec un groupe de jeunes venus acheter des “fatayas”. “Aujourd’hui, il y a beaucoup de monde. Les enfants, les adolescents et même les adultes viennent acheter des fatayas”, confie-t-elle, tout en demandant à un client son accompagnement préféré. “Mayonnaise, ketchup. Mets tout !”, lui répond celui-ci, sourire aux lèvres.
Le rush vers la plage, accentué par la chaleur, fait tourner son petit commerce à plein régime. Nabou dit gagner autour de 15 000 francs CFA les week-ends, contre environ 10 000 francs CFA les autres jours.
Quelques mètres plus loin, Aziz se tient près de son pousse-pousse rempli de noix de coco. Vêtu d’une chemise caribéenne, il manie avec dextérité la machette. Il enlève l’épaisse fibre, puis la coque, pour recueillir proprement la chair tendre du fruit.
Aziz vend ses noix de coco entre 700 et 1 000 francs CFA l’unité. Les fruits non mûrs, prisés pour leurs jus, séduisent les baigneurs, tandis que de petits morceaux s’écoulent à 50 francs CFA. Profitant de la période des grandes vacances scolaires, il reconnait que son activité marche bien, mais reste prudent sur son chiffre d’affaires quotidien.
“Il y a des jours où je vends beaucoup, d’autres moins. Même les week-ends ne se ressemblent pas. Celui-ci est déjà meilleur que le précédent, alors qu’il me reste encore deux heures de vente”, explique-t-il.
Selon lui, la fréquentation de cette plage ne cesse d’augmenter, portée par une chaleur persistante qui attire chaque semaine davantage de Dakarois.
Sous un cabanon en bois abritant des restaurants, Ngoné et Ibrahim s’affairent pour satisfaire quelques clients. Pendant que la jeune femme remplit des gobelets jetables de pop-corn, son collègue aligne des pots transparents de “madd” vendus à 500 et 1 000 francs CFA.
“Les filles apprécient beaucoup le madd parce qu’il est bien épicé. Ce sont elles qui en achètent le plus”, explique Ngoné.
Selon elle, son activité journalière – une trentaine de pots de “madd” et une quinzaine de gobelets de pop-corn -, génère entre 25 000 et 30 000 francs CFA de recettes lors des journées de forte affluence.
À quelques pas de là, une odeur appétissante de poissons braisés s’élève de fourneaux sur lesquels ils sont étalés. Sous leurs parasols, des restauratrices interpellent les passants, cherchant à les convaincre d’acheter leurs mets.
Chiffres d’affaires en hausse
Le sourire aux lèvres, Awa accueille deux jeunes venus se renseigner. “Les poissons braisés coûtent 2 500 francs CFA l’unité, pour les moins chers”, leur dit-elle. Après quelques hésitations et un bref marchandage, les clients finissent par passer commande.
“En ce moment, le commerce marche bien grâce à l’afflux de baigneurs et de promeneurs. Le seul problème reste la cherté du poisson qui fait souvent l’objet de plaintes”, explique Awa.
Elle ajoute toutefois que l’affluence notée à la plage BECEAO lui permet de réaliser des bénéfices. “Les recettes atteignent en cette période une trentaine de milliers de francs CFA”, dit-elle avec joie.
Awa ne connaît pratiquement aucun répit. Devant elle, deux grandes glacières débordent de sachets d’eau, de bouteilles fraîches, de boissons gazeuses et de jus naturels soigneusement rangés. À peine a-t-elle servi un client qu’un autre s’avance pour étancher sa soif. Les enfants réclament de l’eau fraîche, les jeunes préfèrent les boissons gazeuses, d’autres optent pour les jus naturels.
Selon elle, la forte chaleur qui s’est emparée de la capitale sénégalaise a dopé son activité. “Dès qu’il fait très chaud et que la plage est pleine, les ventes suivent automatiquement, me permettant de réaliser entre 15 000 et 20 000 francs CFA de chiffre d’affaires”, confie la commerçante, sans quitter des yeux les clients devant ses glacières.
Non loin de là, El Hadj surveille attentivement plusieurs tilapias et dorades qui grésillent sur ses fourneaux. À intervalles réguliers, il les retourne d’un geste sûr, tout en hélant les promeneurs attirés par les effluves de marinade et de poisson braisé.
“Les gens viennent surtout après la baignade. Ils veulent terminer la journée autour d’un poisson braisé avant de rentrer chez eux”, explique-t-il.
Selon lui, tilapias et dorades restent les plus demandés, malgré un prix supérieur à celui de la sardinelle. Les journées ordinaires, son chiffre d’affaires oscille entre 25 000 et 30 000 francs CFA. Mais les week-ends, quand la plage se remplit, les ventes prennent une autre dimension.
“Le samedi et surtout le dimanche, je peux gagner entre 40 000 et 50 000 francs CFA. Il arrive que certains clients achètent trois ou quatre poissons d’un coup pour partager en famille ou entre amis. Quand la plage est animée comme aujourd’hui, on ne s’arrête presque pas de servir”, confie-t-il, tout en s’affairant autour de ses fourneaux.
À mesure que le soleil disparaît à l’horizon, la plage CEAO ne désemplit pas. Refuge contre la forte chaleur qui sévit à Dakar et source de revenus pour des dizaines de commerçants, elle représente pour eux, l’espoir d’une meilleure recette à chaque visiteur attiré par la fraîcheur de l’océan.
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