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Dakar, 21 avr (APS) – Le directeur de l’École nationale de la cybersécurité, le commissaire de police divisionnaire Papa Guèye a plaidé, mardi, la mise en en place d’une cellule nationale d’intelligence artificielle appliquée à la défense et à la sécurité dans une perspective d’intégrer rapidement cette technologie dans les fonctions critiques de sécurité et de défense.
“On peut y mettre un contenu concret, une petite structure, avec des missions prioritaires qui s’attribuent autour de l’analyse des menaces, l’exploitation des données, l’appui à la décision stratégique’’, a notamment préconisé le commissaire divisionnaire en parlant de cette structure publique dont il plaide la mise en place au cœur des fonctions stratégiques de l’Etat..
‘’Et pourquoi c’est réalisable ?’’, s’est-il interrogé, avant de répondre : ‘’Parce que ça s’appuie sur les compétences locales, mais également avec des partenaires stratégiques, en utilisant ‘’des technologies existantes, maîtrisées et coûtant moins cher.
S’exprimant lors d’un panel consacré à la souveraineté technologique, au deuxième jour du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique (20-21 avril), il a rappelé que cette ambition nationale devra précéder la montée en échelle à travers le lancement par les États africains d’un programme de formation IA cybersécurité pour les forces de défense et de sécurité.
‘’L’objectif, c’est de combler rapidement les défis de compétences critiques avec l’application de l’IA au renseignement, l’analyse des données, la lutte contre la désinformation, la cyberdéfense, avec une approche pragmatique de partenariat avec les universités locales et les experts africains’’, a indiqué Papa Guèye.
‘’Voyez-vous, nous ne sommes pas simplement face à une évolution technologique, mais face à une transformation profonde, aujourd’hui, de la défense et de la sécurité’’, a-t-il fait remarquer.
Selon lui, “un État qui ne contrôle pas l’information s’efface. (…) Parce que, dans le monde dans lequel nous sommes, celui qui maîtrise la technologie, l’intelligence artificielle, écrit l’histoire et les autres la vivent’’.
Il a toutefois insisté sur les dispositions à prendre en faisant en sorte que l’Afrique puisse intégrer l’intelligence artificielle pour “renforcer sa défense et sa sécurité sans en devenir dépendante ou vulnérable”.
‘’C’est ça la question essentielle. Cela veut dire, avec clarté, qu’un État qui ne maîtrise pas ces technologies s’expose à terme à une perte de souveraineté’’, a-t-il averti.
Il s’est aussi attardé sur les fondements d’une doctrine africaine en matière d’intelligence artificielle appliquée à la défense et à la sécurité, ainsi que des orientations stratégiques nécessaires.
Il ne s’agit pas, selon lui, d’adopter une technologie, ‘’mais de maîtriser un levier de puissance’’.
‘’Nous sommes dans un air où la machine n’assiste plus seulement à l’homme. Elle agit avec lui et parfois à sa place. Cela pose une question majeure qui contrôle réellement la décision’’, a encore souligné le directeur de l’école régionale de cybersécurité.
Poursuivant, le docteur Pape Guèye indique que “la guerre la plus dangereuse d’aujourd’hui est celle que l’on ne perçoit pas”.
‘’Le temps est à l’action. Et pour ce faire, il faut intégrer l’intelligence artificielle dans la défense et la sécurité. Ne pas l’intégrer, c’est accepter d’être dépassé’’, martèle-t-il, insistant par ailleurs sur la nécessaire pour les États africains de ‘’construire une super défense collective’’.
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