SENEGAL-SANTE-STATISTIQUES
Dakar, 12 sept (APS)- Deux cent-cinq nouveaux cas de cancer pédiatrique ont été enregistrés au Sénégal en 2025, avec un délai moyen d’environ deux mois entre l’apparition des premiers signes et l’arrivée de l’enfant dans un centre de prise en charge, a indiqué, samedi, à Dakar, la pédiatre oncologue Fatou Bintou Diagne, de l’unité oncologique de l’hôpital Dalal Diam.
Les dernières statistiques pour le cancer de l’enfant font état de “205 nouveaux cas en 2025”, a-t-elle déclaré lors d’un atelier de sensibilisation et de renforcement de capacités sur la détection précoce des cancers pédiatriques.
Le délai compris entre la consultation et la prise en charge “demeure encore long”, a déploré la pédiatre oncologue, appelant à renforcer la sensibilisation des familles et la formation des acteurs de première ligne, afin de favoriser la reconnaissance précoce des signes évocateurs de cancer chez l’enfant.
La leucémie, ou cancer du sang, constitue le cancer pédiatrique le plus fréquent, a-t-elle signalé, ajoutant que la symptomatologie de cette affection permet généralement une consultation plus rapide.
La prise en charge de cette maladie reste toutefois particulièrement longue, pouvant s’étendre sur trois ans et nécessiter une chimiothérapie avec des médicaments dont la disponibilité n’est pas toujours assurée au Sénégal.
“Il y a beaucoup de ruptures sur ce qui est disponible et sur ce qui n’est pas disponible, ça empêche la complétude du traitement”, a déploré la spécialiste, insistant sur la nécessité d’assurer une disponibilité régulière des médicaments anticancéreux.
Le docteur Fatou Bintou Diagne a également souligné les difficultés liées à l’éloignement géographique des familles, la distance moyenne entre le domicile des patients et l’unique centre de prise en charge étant évaluée à 250 kilomètres.
Elle considère ainsi comme “un acquis de taille” la mise à disposition d’une maison des parents à Sangalkam, dans le département de Rufisque, un local destiné à accueillir gratuitement les familles venant de loin pendant la durée des soins.
Cette structure permet notamment aux familles de patients de bénéficier gratuitement d’un hébergement et de la nourriture, tandis que le transport entre la maison et l’hôpital est également assuré, contribuant ainsi à réduire les risques d’abandon du traitement lié aux coûts indirects des soins.
La spécialiste a par ailleurs insisté sur l’importance du diagnostic précoce, estimant que le temps constitue un facteur déterminant dans le pronostic des cancers pédiatriques.
Elle a expliqué qu’à la différence de plusieurs cancers de l’adulte, il n’existe pas de moyens de prévention pour les cancers de l’enfant.
“Il n’y a pas de moyen de prévention”, a-t-elle relevé, ajoutant que la détection repose essentiellement sur l’identification de signes cliniques visibles.
Elle préconise ainsi de sensibiliser davantage les familles et la population, mais aussi de former les médecins généralistes et spécialistes, afin qu’ils puissent reconnaître rapidement les signes suspects et orienter les enfants vers les centres spécialisés.
D’après la pédiatre oncologue, l’amélioration de la prise en charge des cancers pédiatriques passe donc à la fois par la réduction des délais de diagnostic, la disponibilité continue des médicaments et la réduction des contraintes géographiques et financières pesant sur les familles.
NSS/BK/SBS
