SENEGAL-ALLEMAGNE-THEATRE
Dakar, 12 sept (APS) – La pièce de théâtre ”L’honneur perdu de Khadija Loum”, présentée au Théâtre national Daniel Sorano, vendredi soir, invite à réfléchir sur la place et la condition féminine dans les sociétés africaines et occidentales, a déclaré sa metteuse en scène, Bérengère Brooks.
Présentée devant un public majoritairement jeune, cette pièce de plus d’une heure, raconte l’histoire d’une jeune femme de 27 ans, divorcée et sans histoire, qui voit sa vie être bouleversée après avoir aidé, par amour, un homme recherché par les autorités à prendre la fuite.
Lamine Faye, cet homme qu’elle venait à peine de rencontrer, est recherché par la police en lien avec une affaire de vol, de corruption et de malversations.
Malmenée par la police, les médias et les réseaux sociaux, Khadija devient la cible des rumeurs qui détruisent sa réputation.
Cette adaptation du roman ”L’honneur perdu de Khatarina Blum” (1974) de l’écrivain allemand Heinrich Böll (1917-1985) décrit en quatre jours et en plusieurs parties, le pouvoir des médias sociaux et la place de la femme dans une société patriarcale.
”La présentation et l’adaptation de cette pièce à la réalité sénégalaise est une commande de la fondation du prix Nobel de la littérature, Heinrich Böll. Elle ouvre un débat sur la place de la femme dans nos sociétés et montre que les réalités passées sont actuellement les mêmes”, a déclaré la metteuse en scène et responsable de la compagnie théâtrale ”Brrr Production”.
Dans un entretien avec l’APS, Mme Brooks souligne qu’il s’agit, à travers cette présentation, d’ouvrir une réflexion dans la société, concernant l’acharnement dont sont victimes certaines femmes à travers les médias.

”Quand on lit le roman, c’est l’histoire d’une femme qui va se faire attaquer par les médias alors qu’elle n’a vraiment rien fait de mal ou de répréhensible. On s’est dit que c’est encore les mêmes histoires que nous connaissons aujourd’hui”, dit-elle.
Selon le directeur de la fondation Heinrich Böll au Sénégal, Fabian Heppe, ”cette pièce montre comment les accusations, les rumeurs, la désinformation et la haine peuvent détruire une personne, mais aussi polariser toute une société”.
”Et aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, je pense que ces mécanismes sont même plus puissants et plus rapides. Cela a été vrai pour l’Allemagne dans les années 70”, a-t-il ajouté.
AMN/SBS/BK
