Bignona : appel au renforcement des acquis de l’accord de paix du 13 mai 2023
Bignona : appel au renforcement des acquis de l’accord de paix du 13 mai 2023

SENEGAL-SOCIETE-PLAIDOYER

Bignona, 13 mai (APS) -Des autorités administratives, leaders communautaires, ex-combattants et partenaires ont appelé, mercredi, à Bignona (sud), au renforcement de la dynamique de paix, consécutive à la signature de l’accord du 13 mai 2023 entre l’État du Sénégal et une faction du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), a constaté l’APS.

Ils ont lancé cet appel à l’occasion d’une journée de réflexion consacrée à la consolidation de la stabilité en Casamance, théâtre d’une rébellion qui a duré près de 44 ans. 

Cette rencontre, tenue à Bignona, a servi de cadre aux différents acteurs pour réaffirmer la nécessité de poursuivre le dialogue et de consolider la dynamique de paix, tout en appelant à un accompagnement durable des communautés et des anciens combattants.

L’ancien commandant de la faction Diakaye, Fatoma Coly, s’est félicité du rapprochement entre forces de défense et de sécurité et ex-combattants, saluant le choix du dialogue comme alternative à la violence.

Il a toutefois relevé des difficultés persistantes, notamment l’accès à l’eau, tout en appelant à renforcer la confiance et à encourager les groupes encore en marge du processus à rejoindre la dynamique de paix.

La vice-présidente de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance, Léonie Gomis, a insisté sur la nécessité de préserver et de rappeler régulièrement les acquis de l’accord. Elle a plaidé pour le développement d’activités économiques, une meilleure gestion foncière et la réalisation d’infrastructures de base.

Le coordonnateur de l’Initiative pour la réunification des ailes politiques et armées du MFDC (IRAPA), Lamine Coly, a salué l’implication des autorités coutumières et religieuses. Il a souligné les difficultés d’accès routier et la nécessité de renforcer les infrastructures et d’accompagner les ex-combattants.

Bignona : appel au renforcement des acquis de l’accord de paix du 13 mai 2023

Pour sa part, Henry Ndecky, coordonnateur des organisations de la société civile pour la paix en Casamance (COSPAC), a estimé que le dialogue et les programmes d’intégration ont permis l’arrêt des violences dans plusieurs zones, tout en appelant à la poursuite de l’accompagnement socio-économique des anciens combattants du MFDC.

Le préfet de Bignona, Mamadou Khouma, a rappelé les impacts du conflit sur les populations. Il a exhorté les différents acteurs à transformer les acquis en une ”dynamique irréversible de stabilité et de cohésion sociale”, mettant en avant les progrès enregistrés notamment dans l’enrôlement à l’état civil et le renforcement de la présence de l’État.

La Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, est le théâtre de l’un des plus vieux conflits du continent. Des indépendantistes ont pris le maquis après la répression d’une manifestation en décembre 1982 à Ziguinchor, la principale ville de la région.

Le conflit a fait des milliers de victimes et porté un coup dur à l’économie locale.

En 2022, l’armée nationale a mené des opérations d’envergure contre des bases rebelles, contribuant à renforcer l’accalmie et à favoriser le retour de nombreuses personnes déplacées dans leurs villages d’origine.

En mai 2023, quelque 250 combattants du MFDC, notamment de la faction de Diakaye, ont déposé les armes.

MNF/HB/ASB/HK/MTN