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Dakar, 29 juil (APS) – La bibliothèque Cheikhoul Khadim, édifiée en 1977 conformément au vœu du fondateur du mouridisme, porte l’empreinte de Cheikh Abdou Ahad Mbacké. Le troisième khalife général des mourides est à la fois le concepteur, l’architecte et le réalisateur de ce joyau culturel et intellectuel dont avait rêvé Serigne Touba depuis sa résidence de Diourbel.
D’une importance jugée capitale dans la communauté mouride, la bibliothèque Cheikhoul Khadim ou “Maktabat Cheikh Al-Khadim” en arabe, communément appelée “Daaray Kaamil”, a vu le jour grâce à la vision éclairée de Serigne Abdoul Ahad Mbacké.
Le troisième khalife général des mourides a concrétisé, à travers ladite bibliothèque, le vœu et l’ambition de son illustre père, Serigne Touba, si l’on en croit Ousseynou Diattara.
“A Diourbel, Serigne Touba avait rassemblé une quantité très importante de livres contenant des connaissances précieuses et d’une immense valeur, dans le but d’aménager une bibliothèque. Malheureusement, un incendie est survenu et a tout emporté”, explique M. Diattara, coordonnateur de la célèbre bibliothèque, dans un entretien avec l’APS.
Il faudra attendre 47 ans après la disparition de Cheikh Ahmadou Bamba et sous le khalifat de Serigne Abdoul Ahad Mbacké pour que son vœu soit enfin réalisé.
Selon Ousseynou Diattara, Baye Lahad – nom affectueux donné au 3e khalife général des mourides – a fait appel, à partir de 1974, à des experts dont le savoir-faire en matière de bibliothèque était avéré, ainsi qu’à des architectes talentueux pour la construction du joyau.

Auparavant, le khalife s’était rendu partout où se trouvaient des écrits de Serigne Touba, ou y a envoyé des émissaires pour les collecter.
“Une fois les écrits rassemblés, il a sollicité des érudits dont la maîtrise de la calligraphie des khassaïdes et de l’écriture coranique était parfaite, afin de les transcrire de façon propre, pure et sans aucune rature. Une fois cela terminé, il les a rassemblés pour les faire imprimer et les archiver dans les différentes salles dédiées de la bibliothèque”, raconte M. Diattara.
“Sans Daaray Kaamil, il serait difficile de trouver l’œuvre écrite de Serigne Touba”
Selon lui, la création de “Daaray Kaamil” a révélé énormément de choses sur le fondateur du mouridisme qui, souligne-t-il, incarne essentiellement le savoir.
“Aujourd’hui, ils sont nombreux ceux qui ont appris à connaître Serigne Touba en venant ici, à la bibliothèque. Si cet endroit n’existait pas et si tous ces livres exposés ici n’étaient pas là, ce serait très difficile de trouver l’œuvre écrite de Serigne Touba”, soutient-il.

Le coordonnateur de “Daaray Kaamil” note que l’œuvre colossale de Serigne Abdoul Ahad a pu se réaliser grâce au legs de son prédécesseur, Serigne Mouhamdou Fallou, deuxième khalife de Cheikhoul Khadim.
Il estime que ce dernier avait alors lancé, avec l’aide de Serigne Mouhamadou Lamine Diop Dagana et Baye Cheikh Guèye Tara, la collecte des écrits de Serigne Touba.
“Cependant, n’eût été Serigne Abdoul Ahad qui est venu par la suite élargir, développer et organiser ce travail, aujourd’hui cela aurait été très difficile de trouver une très grande partie de ces écrits. Car les anciens qui détenaient ces écrits n’aimaient pas beaucoup les montrer aux gens, ils préféraient les garder pour eux-mêmes”, révèle Ousseynou Diattara.
Il ajoute : “Certains d’entre eux en étaient tellement jaloux qu’ils ne voulaient pas en faire sortir une grande partie. Il y en a même parmi eux qui allaient jusqu’à demander, sur leur lit de mort, qu’on les enterre avec ces écrits afin de les préserver”.
HB/HK

