SENEGAL-HYDROCARBURES-GOUVERNANCE
Dakar, 10 juil (APS) – L’Institut national du pétrole et du gaz et l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) ont signé, vendredi, un protocole de coopération portant sur la création d’une académie anticorruption appelée à développer des programmes spécialisés sur l’éthique, la conformité et la prévention de la corruption au sein de cet établissement de formation dans les métiers des hydrocarbures.
Le partenariat paraphé par les deux parties porte plus généralement sur la promotion de la transparence, de l’intégrité et de la bonne gouvernance dans le secteur des hydrocarbures.
“Cette convention constitue une avancée majeure. Elle permettra d’intégrer davantage les principes de bonne gouvernance dans nos formations, de développer des programmes spécialisés sur l’éthique, la conformité et la prévention de la corruption, de promouvoir la recherche sur les enjeux de gouvernance dans les industries extractives et de sensibiliser les différents acteurs aux meilleures pratiques internationales”, a déclaré Fall Mbaye directeur général de l’INPG.
L’un des aspects “les plus innovants” de cette coopération réside dans la création d’une Académie anticorruption portée par l’OFNAC et hébergée au sein de l’Institut national du pétrole et du gaz.
“Cette académie ambitionne de devenir un espace de référence pour la formation des agents publics et privés, la production de connaissances, le développement d’outils pédagogiques et le renforcement des capacités dans les domaines de l’intégrité et de la bonne gouvernance”, a expliqué M. Mbaye.

L’INPG va mettre à disposition les infrastructures pédagogiques nécessaires afin de favoriser son développement et son intégration dans son environnement académique.
Il s’est dit convaincu que cette académie va “progressivement rayonner” à l’échelle régionale et contribuer à renforcer les capacités des administrations et des institutions des pays producteurs de ressources naturelles.
Le directeur général de l’INPG a rappelé que le Sénégal est entré dans “une nouvelle ère”, avec le démarrage de la production de pétrole et de gaz.
“Le développement de ces ressources naturelles représente une opportunité historique pour notre pays. Mais cette opportunité ne pourra produire tous ces effets que si elle repose sur des institutions fortes, des compétences solides et une gouvernance exemplaire”, a-t-il soutenu.
Fall Mbaye a souligné la nécessité de “préparer les générations futurs à relever les défis” dans un environnement international où les exigences en matière de conformité, de transparence et de responsabilité sont de plus en plus élevées.
“Notre ambition est claire, faire de l’INPG non seulement un centre d’excellence dans les métiers du pétrole, du gaz et des énergies, mais également un pôle de référence en matière de gouvernance des ressources naturelles”, a-t-il indiqué.

Selon son président, dans le cadre de ce partenariat, l’OFNAC ne fournit pas seulement des locaux mais sert aussi de “point d’ancrage” à la recherche et à la prévention.
“Le développement du secteur pétrolier, gazier et plus largement extractif ouvre des perspectives considérables. Cependant, il expose également les États, les entreprises, les administrations à des risques spécifiques tels que les conflits d’intérêt, l’opacité contractuelle, le favoritisme, le manquement aux règles de conformité et la fragilité des dispositifs de contrôle”, a relevé Moustapha Ka.
Le partenariat entre l’OFNAC et l’INPG vise précisément à anticiper ces risques, les comprendre et les prévenir, a-t-il indiqué.
“Ce protocole fait donc cohabiter la connaissance technique du secteur extractif et l’expérience institutionnelle de la prévention des pratiques correctives et de la promotion de l’éthique. En réunissant ces deux dimensions, nous construisons un outil qui peut servir l’administration, les acteurs économiques, les apprenants, les chercheurs, les collectivités, les organes de contrôle et même nos partenaires de la sous-région”, a-t-il précisé.
Le président de l’OFNAC a fait savoir que des formations certifiantes, destinées aux professionnels du secteur extractif, un module en ligne sur la gouvernance extractive, des séminaires de sensibilisation, des formations de formateurs ainsi que des simulations et des cas pratiques pourront également être développés dans le cadre de ce partenariat.
“La lutte contre la corruption doit trouver toute sa place dans les espaces de formation et de production du savoir. Qu’il s’agisse des curricula, des travaux de recherche, des études de cas, des laboratoires d’idées, des plateformes numériques ou de la formation professionnelle”, a-t-il insité.
D’après M. Ka, c’est dans de tels cadres que “se préparent les responsables de demain” et que s’enracinent les principes d’éthique et de bonne gouvernance.
MFD/BK
