SENEGAL-ENVIRONNEMENT-PERSPECTIVES
Dakar, 31 août (APS) – Le gouvernement sénégalais a appelé à garantir le financement durable et l’intégration des Aires marines protégées (AMP) dans les politiques de développement, lundi, à Dakar, en prélude au 6e congrès international sur les aires marines protégées (IMPAC6), que le Sénégal va abriter en mars 2027.
“Nous devons garantir l’efficacité, la gouvernance, le financement durable et l’intégration des aires marines protégées dans les politiques de développement”, a déclaré le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique sénégalais, Aliou Kori Diouf.
S’exprimant à l’ouverture d’une réunion du comité de pilotage international d’IMPAC6, le représentant du gouvernement sénégalais a souligné que la simple création des AMP ne suffisait plus face aux “pressions croissantes” liées au changement climatique, à la pollution et à l’érosion côtière.
Selon Aliou Kori Diouf, les AMP doivent désormais devenir des instruments de performance économique et écologique “pour garantir un océan vivant et productif aux générations futures”.
“Pour le Sénégal, la conservation marine ne peut s’inscrire dans la durée sans l’adoption de modèles de financement pérennes et diversifiés”, a encore souligné M. Diouf.
Pendant ces trois jours de travaux à Dakar, les participants sont appelés à examiner la stratégie de “sponsoring, le budget consolidé ainsi que la grille tarifaire du congrès” international de mars 2027 sur les aires marines protégées.
“Ces outils sont jugés indispensables pour poser les bases de la gouvernance financière d’un événement qui se veut historique pour le continent”, a relevé Aliou Kori Diouf.
À moins de sept mois de l’événement, qui se tiendra du 22 au 27 mars 2027, le gouvernement sénégalais milite pour “un changement de paradigme”.
“Nous devons désormais passer d’une logique de préparation à une logique d’accélération et d’exécution”, a martelé le ministre, exigeant que chaque commission et partenaire puisse disposer d’une “feuille de route claire avec des échéances partagées”.
Le congrès international sur les aires marines protégées, qui se tient pour la première fois en Afrique, va offrir au Sénégal l’opportunité de bâtir une plateforme inclusive dédiée aux acteurs du Sud — notamment les communautés locales, les jeunes et les chercheurs — afin de valoriser les innovations locales en matière de préservation océanique, selon M. Diouf.
Le directeur du Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine (PRCM), Ahmed Senhoury, a réaffirmé l’engagement de son institution à “soutenir techniquement et financièrement” tous les acteurs impliqués, afin de garantir le succès de cette première édition africaine “à la hauteur des attentes des professionnels du secteur”.
“Il s’agit de bâtir des ponts entre les acquis passés et le rendez-vous d’IMPAC6 au Sénégal, afin de pérenniser ce forum et de lui donner un élan à la fois africain et mondial”, a-t-il soutenu.
M. Senhoury a rappelé que la préservation des écosystèmes marins ne relevait pas uniquement de la responsabilité des experts et des gestionnaires de terrain.
Elle doit être hissée, selon lui, au rang de priorité stratégique par les chefs d’État et de gouvernement.
Le coordonnateur de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), Youssou Diédhiou, a salué “l’excellente collaboration” entre l’État du Sénégal et l’organisation qu’il dirige, dans le cadre de l’organisation de ce congrès.
Selon lui, depuis l’annonce de l’événement, l’UICN s’est fermement engagée aux côtés du ministère de l’Environnement du Sénégal pour garantir la réussite de ce rendez-vous mondial.
CS/BK
