SENEGAL-SOCIETE -REPORTAGE
Ziguinchor, 8 mars (APS) – Au quartier Léona, dans la commune de Ziguinchor (sud), comme à Djifanghor et Boutoute, villages de la même région, des productrices s’activent quotidiennement dans les activités maraichères et de transformation des produits locaux, des leviers essentiels pour subvenir aux charges financières et alimentaires de leurs familles.
Au jardin maraicher de Léona, les allées sablonneuses s’animent dès les premières heures de la matinée. Entre les planches de culture, des femmes arrosent avec soin des plants de fruits et légumes.
Munies d’arrosoirs ou de seaux remplis d’eau, elles entretiennent leurs parcelles avec patience et détermination.
”Nous travaillons ici tous les jours dans ce jardin qui nous permet de faire vivre nos familles”, explique la productrice Nafissatou Sène, en montrant les rangées de diakhatou (aubergine africaine).
Autour d’elle, près d’une centaine de femmes s’activent dans ce périmètre maraîcher devenu, au fil des années, un véritable espace de solidarité et de travail collectif.
Cependant, leur activité reste confrontée à plusieurs contraintes. Faute de système d’irrigation adéquat, les productrices creusent des trous sur le sol pour accéder à l’eau nécessaire pour arroser leurs cultures.
”L’eau disparaît rapidement et il faut souvent recommencer. Parfois, il y a aussi des risques, parce que les trous peuvent s’effondrer et des serpents qui apparaissent”, confie Nafissatou Sène. À ces difficultés s’ajoute la salinisation progressive des terres qui affecte certaines cultures.
Khady Sagna montre une fleur d’aubergine fragilisée par la salinisation du sol. ”Cette terre jadis fertile est aujourd’hui infiltrée par le sel, ce qui compromet de plus en plus nos cultures”, déplore-t-elle.
Malgré ces contraintes, ces femmes poursuivent leur activité avec détermination. Le jardin constitue pour elles un moyen sûr de subvenir aux besoins de leurs familles.
Non loin des parcelles, quelques jeunes filles viennent prêter main-forte à leurs mères pendant leur temps libre, en participant à l’arrosage ou au désherbage.
Les produits récoltés alimentent les marchés et cuisines des habitants de la ville de Ziguinchor.
Venue acheter de la salade fraîche, Néné Dia apprécie la qualité de la production. ”Ce jardin nous rend un grand service. Les femmes travaillent bien et les produits sont de bonne qualité”, dit-elle.
Au village de Djifanghor, l’ambiance est tout aussi animée dans le périmètre exploité par la coopérative Burok Essoufi. Quarante femmes y cultivent sur un périmètre d’un hectare et demi de terres, principalement consacré à la production de tomates.
Sous un soleil déjà chaud, certaines sèment, d’autres arrosent tandis que quelques-unes préparent de nouvelles planches de culture.
Diaboula Sané, membre du groupement, présente fièrement les différentes parcelles en cours d’exploitation. ”Nous produisons surtout de la tomate, mais aussi d’autres légumes selon les saisons”, explique-t-elle.
Le maraîchage constitue pour ces femmes une activité économique structurante, leur permettant de subvenir à leurs besoins et contribuer aux dépenses familiales.
À quelques kilomètres de là, dans le village de Boutoute, l’activité féminine se déploie dans un autre domaine : la transformation de produits locaux, à travers le GIE Udia Tessito.
Ici des femmes s’affairent autour des tables sur lesquelles sont disposés fruits et matières premières destinés à la transformation.
Leurs activités consistent notamment à transformer les produits agricoles en jus, confitures et autres dérivés destinés à la commercialisation.
La présidente du groupement, Bineta Dramé, veille au bon déroulement des opérations. ”Nous voulons valoriser les produits locaux et créer davantage d’opportunités pour les femmes”, explique-t-elle.
Au-delà de la production, le groupement mise également sur le partage de compétences. ”Nous sommes prêtes à former d’autres femmes qui souhaitent apprendre ce métier”, assure Mme Dramé.
Entre les jardins maraîchers et les unités de transformation, ces initiatives féminines participent à la dynamique économique locale tout en renforçant l’autonomisation des femmes.
À Léona, Djifanghor et Boutoute, le travail quotidien des productrices et transformatrices témoigne d’une volonté constante de tirer profit des ressources locales pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles.
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