Des reporters formés à la production de contenus médiatiques à fort impact social
Des reporters formés à la production de contenus médiatiques à fort impact social

SENEGAL-ENVIRONNEMENT-MEDIAS

Saint-Louis, 14 avr (APS) – Le mouvement Y’en a marre préconise “un renversement de tendance” sur les réseaux sociaux, par lequel la jeunesse africaine va être amené à produire davantage de contenus médiatiques pouvant avoir un impact social plus important, grâce à son programme dénommé “Jeunes reporters citoyens” (JRC).

Dans cette perspective, ce mouvement citoyen sénégalais a réuni 23 jeunes venus des 14 régions du Sénégal à Gandiol, du 30 mars au 11 avril, pour des sessions de capacitation intensive sur les enjeux écologiques actuels.

Cette localité du sud de la région Saint-Louis est devenue, le temps de cette rencontre, l’épicentre d’une nouvelle forme de militantisme.

Le choix du Gandiol comme terrain d’immersion ne doit rien au hasard, ce terroir étant confronté depuis quelques années aux conséquences du recul du littoral, à quoi s’ajoute une salinisation des terres.

Durant deux semaines, les participants, futurs relais communautaires, ont été outillés pour transformer leur téléphone portable en instrument de veille et d’alerte.

Pour Lamine Manga, chef du projet “Jeunes reporters citoyens”, la jeunesse africaine consomme beaucoup de contenus numériques, mais n’en produit pas assez avec un impact social réel, d’où la nécessité d’inverser la tendance sur les réseaux sociaux.

“Il nous est apparu indispensable d’œuvrer à un renversement de tendance”, explique-t-il, soulignant que le but visé est de permettre à la jeunesse de raconter son vécu et son environnement, loin des clichés ou des déformations informationnelles.

Un arsenal technique au service de l’écologie

Selon M. Manga, au-delà de la dimension formation devant permettre d’outiller techniquement les jeunes, le programme s’inscrit dans la philosophie du “Nouveau type de sénégalais” (NTS), ce qui nécessite une communication citoyenne responsable.

“Nous ne formons pas des journalistes classiques, mais des passionnés capables de produire une information crédible. Chacun, dans sa localité, devient un relais portant un combat spécifique”, a-t-il précisé.

Le programme JRC repose sur une pédagogie de terrain, à partir de modules rigoureusement sélectionnés, concernant cette cohorte baptisée ‘’Aalam Bi’’ (Environnement), en partenariat avec le CESTI, le Centre d’études des sciences et techniques de l’information.

Ces modules sont : le changement climatique, la gestion des déchets, les politiques environnementales et techniques de vérification de l’information.

Mariama Sène, chargée du pilotage du programme, ne cache pas sa satisfaction quant au déroulement des sessions. Elle insiste sur l’importance du “Mojo”, le mobile journalism, dans ce cursus.

“L’objectif était de capaciter ces jeunes sur le journalisme citoyen et l’utilisation du numérique comme support. Nous visons la création d’un réseau solide, capable de porter des plaidoyers basés sur des faits vérifiés”, a-t-elle expliqué.

Entre rigueur, “fun” et redevabilité

Malgré l’intensité des formations, l’approche s’est voulue dynamique en alliant rigueur académique et interaction.

“Le parcours a été pensé suivant une logique : comprendre les enjeux globaux avant de passer aux outils techniques, le tout dans un esprit alliant sérieux et fun”, précise Mariama Sène.

Les attentes envers les 23 jeunes ayant participé à cette formation sont immenses, a-t-elle ajouté.

De retour dans leurs régions respectives, les bénéficiaires de la formation ont un devoir de redevabilité : partager leurs acquis avec les organisations communautaires de base.

Et comme le rappelle Lamine Manga, l’objectif final est de bâtir “un Sénégal fort, porté par une jeunesse consciente du fait que protéger son environnement revient à protéger son histoire et son futur”.

MLD/BK/HK/ESF