SENEGAL-FINANCE
Dakar, 14 avr (APS)- Le Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI), premier fonds national dédié à la microfinance islamique en Afrique de l’Ouest, dont le lancement officiel est prévu le 21 avril, est un instrument financier devant permettre au Sénégal d’accélérer l’inclusion économique et sociale et de se positionner comme un pionnier de la finance islamique en Afrique subsaharienne, a déclaré, mardi, son administrateur général.
”Par la mise en place du FDMI, le Sénégal réaffirme non seulement son engagement en faveur de l’inclusion économique et sociale, mais également son rôle de pionnier en matière de finance islamique en Afrique subsaharienne’’, a notamment déclaré Dr Abdou Karim Diaw.
M. Diaw s’exprimait ainsi à l’ouverture d’une session de mise à niveau, de deux jours, au profit des journalistes, portant sur la finance islamique.
Cette activité, organisée par le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES) en partenariat avec le FDMI, vise à doter les participants de connaissances sur la finance islamique utiles à leur travail, mais également à présenter le FDMI, ses missions et et son modèle économique.
Selon Abdou Karim Diaw, le positionnement du Sénégal s’appuie sur des ”avancées majeures”, parmi lesquelles l’adoption de la loi sur le Waqf en 2015 et la création de la Haute Autorité du Waqf (HAW), l’émission du premier Sukuk souverain en Afrique francophone et la perspective, cette année, du lancement du quatrième Sukuk du Sénégal.
Les Sukuk sont des certificats d’investissement, souvent appelés obligations islamiques, conformes à la charia, donc évitant les intérêts, et permettant à son détenteur de recevoir une part des profits générés par l’actif, et non un intérêt fixe..
Evoquant les missions du FDMI, son administrateur général a indiqué qu’elles portent sur la mobilisation, la structuration et l’orientation des ressources financières conformes à la finance islamique.

Le FDMI, bénéficiant d’une autonomie juridique et financière, cherche également à s’orienter vers des institutions de microfinance partenaires, chargées de la distribution, du suivi des financements et de la relation avec les bénéficiaires finaux, notamment les PME et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Soulignant l’importance de la finance islamique dans le financement de l’économie, Abdou Karim Diaw a rappelé que la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2030 l’a clairement identifiée comme une source financière innovante.
Cette importance se mesure, a-t-il dit, à sa ”contribution à la mobilisation de ressources”, au ”renforcement de l’inclusion financière’’ et à sa ”participation active au financement de l’économie nationale”.
Au Sénégal, le taux de bancarisation étant estimé à 23% de la population, la finance islamique offre des solutions inclusives, permettant aux ménages à revenus modestes, aux jeunes entrepreneurs et au acteurs de l’économie informelle, souvent exclus par les exigences de la finance conventionnelle, a pour sa part relevé le président du COJES, Dialigué Faye.
”Au Sénégal, où plus de 95 % de la population est de confession musulmane, nous croyons savoir que cette finance éthique [la finance islamique], fondée sur le partage des profits et des pertes, et l’interdiction du +riba+ (usure ou intérêt), représente un levier stratégique pour l’inclusion financière”, a-t-il indiqué.
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