Dakar, 27 nov (APS) – Une étude du Bureau opération et suivi du plan Sénégal émergent (Bos-Pse) sur la vulnérabilité des ménages indique que les régions de Kolda et de Kédougou sont les moins connectées à l’économie et les plus pauvres du pays alors que Dakar, Kaolack, Thiès, Saint-Louis et Matam sont les régions mieux connectées avec une meilleure intégration socio-économique, a appris l’APS.

Le BOS, en partenariat avec le programme des Nations -Unies pour le développement (PNUD), a procédé lundi à Dakar à la présentation de son étude sur la vulnérabilité des ménages au Sénégal.

Le directeur général du Bos, El Ousseyni Kane, le représentant du PNUD au Sénégal et le représentant  du ministère du Développement communautaire, de la Solidarité  nationale et de l’Equité sociale et territoriale, ont pris part à cette rencontre.

Dans le cadre cette étude, l’indice de connexion des ménages à l’économie (ICMCE) a été utilisé pour mesurer le degré de connexion des ménages à l’économie. Selon cet indicateur, une faible connexion à l’économie peut signifier que les individus, les ménages, ont peu d’interaction ou de participation aux activités économiques et sociales.

L’étude explique que cela peut résulter d’un accès limité aux opportunités économiques, aux services sociaux de base, d’une faible intégration dans les réseaux commerciaux.

L’ICME présente ainsi des disparités dans les régions du Sénégal avec les ménages de la région de Dakar qui sont de loin les plus connectés avec une moyenne de 0,69, suivis des ménages des régions de Kaolack (0,56), Fatick (0,56), Thiès (0,56), Saint-Louis (0,55), Matam (0,55) et Ziguinchor (0,55).

“Ces régions ont tendance à avoir un niveau relativement élevé d’intégration socio-économique par rapport aux autres régions et très proche de la moyenne nationale”, indique le rapport.

L’étude révèle que les ménages les moins connectées en moyenne sont ceux des régions de Kolda et de Kédougou. Les scores moyens de ces régions (0,47 chacune) sont de 22 points inférieurs à ceux de Dakar, ce qui traduit un niveau relativement faible d’intégration socio-économique par rapport aux autres régions“.

Les régions de Diourbel (0,52), Kaffrine (0,50), Louga (0,49), Sédhiou (0,51) se situent en deçà de la moyenne nationale, avec des scores moyens assez faibles.

Ainsi, les régions de Dakar, Kaolack, Thiès, Saint-Louis et Matam sont les mieux connectés à l’économie et les moins pauvres tandis que les régions de Kolda et de Kédougou sont les régions les moins connectées à l’économie et donc plus pauvres.

Les résultats de l’étude indiquent une différence significative dans le niveau de connexion à l’économie des ménages entre les régions rurales et urbaines.

Les chefs de ménage de sexe féminin ont un niveau de connexion à l’économie plus élevé que les chefs de ménage de sexe masculin

La moyenne du niveau de connexion à l’économie des ménages dans le groupe rural est de 0,49, tandis que dans le groupe urbain, la moyenne est de 0,64.

‘‘ (…) la connexion est plus élevée en zone urbaine qu’en zone rurale. Ces résultats suggèrent que, globalement, les ménages vivant dans les régions urbaines ont un niveau de connexion à l’économie plus élevé que ceux vivant dans les régions rurales. Cela peut refléter une plus grande disponibilité d’opportunités économiques, d’infrastructures et de ressources dans les zones urbaines par rapport aux zones rurales”, peut-on lire dans le rapport.

Il est également observé à travers cette étude que les chocs subis par certains ménages influent sur leur niveau de connexion à l’économie.

“La moyenne du niveau de connexion à l’économie des ménages dans le groupe n’ayant subi aucun choc est de 0,61, tandis que dans l’autre groupe, la moyenne est de 0,53”, souligne l’étude.

L’étude révèle également, qu’en moyenne, les chefs de ménage de sexe féminin ont un niveau de connexion à l’économie plus élevé que les chefs de ménage de sexe masculin.

S’agissant des recommandations, les experts qui ont réalisé l’étude estiment que les pouvoirs publics doivent renforcer et faciliter l’accès aux services sociaux tels que l’éducation, les soins de santé, l’eau potable et l’assainissement, notamment à Diourbel, Matam, Kédougou.

Ils estiment aussi que les autorités doivent œuvrer pour réduire les inégalités économiques par le renforcement des politiques de protection sociale et l’accès équitable aux ressources et aux opportunités mais pour densifier et améliorer l’accès aux infrastructures de transport, aux réseaux électriques et de communication dans les régions prioritaires que sont Sédhiou, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou et Kolda.

ABD/OID/ASB

 

 

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