Vers l’institutionnalisation d’un mécanisme de prise en charge des migrants de retour
Vers l’institutionnalisation d’un mécanisme de prise en charge des migrants de retour

SENEGAL-MIGRATION-SOCIETE

Dakar, 11 mai (APS) – Le secrétaire d’Etat chargé des Sénégalais de l’extérieur, Amadou Chérif Diouf, a assuré, lundi, à Dakar, l’engagement du gouvernement à institutionnaliser le Mécanisme national d’orientation (MNO) des migrants de retour, à travers la publication prochaine d’un arrêté ministériel devant consacrer la validation politique de ce dispositif.

‘’La cérémonie d’aujourd’hui marque l’aboutissement d’un processus rigoureux, participatif et inclusif’’, a déclaré M. Diouf lors de la cérémonie officielle de remise des documents stratégiques du Mécanisme national d’orientation des migrants de retour. 

Il intervenait en présence des représentants de l’Organisation internationale pour les migrations, de l’Union européenne, de la société civile et des associations de migrants.

Les documents remis, a-t-il expliqué, constituent désormais ‘’le socle stratégique, technique et juridique’’ du MNO. Ils comprennent notamment les termes de référence du mécanisme, les procédures opérationnelles standards encadrant le processus d’orientation des migrants ainsi qu’un projet d’arrêté ministériel destiné à assurer ‘’l’ancrage institutionnel et la pérennité du dispositif national’’.

Le secrétaire d’Etat estime que le MNO représente ‘’une avancée majeure dans la gouvernance migratoire au Sénégal’’, dans la mesure où il permettra de renforcer la coordination entre les acteurs étatiques et non étatiques, d’améliorer la complémentarité des interventions et d’assurer une prise en charge ‘’globale, continue et harmonisée’’ des migrants de retour.

Lors de son intervention, la cheffe de mission de l’Organisation internationale pour les migrations au Sénégal, Aïssata Kane, a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différents acteurs intervenant dans la prise en charge des migrants de retour, estimant que ce défi justifie pleinement la mise en place du MNO.

‘’Depuis 2022, 5740 migrants ont été accompagnés dans le cadre du programme de retour et de réintégration, dont 2.300 ont déjà bénéficié d’un processus complet de réintégration, tandis que 800 autres poursuivent encore ce processus d’accompagnement’’, a-t-elle indiqué.

Dès l’arrivée des migrants à l’aéroport, fait-elle savoir, un accompagnement est mis en place. ‘’Le migrant n’est pas laissé seul. Il dispose d’un espace où il peut exprimer ses besoins, ses difficultés et ses vulnérabilités’’, a-t-elle assuré, précisant que la réintégration repose sur trois dimensions essentielles : économique, sociale et psychosociale.

La responsable de l’OIM a par ailleurs salué les avancées réalisées par le Sénégal, présenté comme ‘’le premier pays’’ du programme régional à avoir finalisé le processus de mise en place du mécanisme et à avoir mobilisé l’ensemble des acteurs concernés autour de la réintégration des migrants de retour.

Le représentant de l’Union européenne, Malt Sanders, a pour sa part plaidé pour des politiques publiques ‘’équilibrées, crédibles et humaines’’, capables à la fois de prévenir les vulnérabilités, de protéger les personnes et d’offrir des perspectives concrètes à la jeunesse.

‘’Les migrants ne doivent pas être considérés uniquement comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais aussi comme des acteurs à part entière des solutions’’, a-t-il soutenu, estimant que les ‘’réponses exclusivement sécuritaires aux défis migratoires ‘’montrent rapidement leurs limites’’.

Le Mécanisme national d’orientation s’inscrit dans le cadre du programme régional de protection, de retour et de réintégration des migrants mis en œuvre par l’OIM dans seize pays d’Afrique subsaharienne avec l’appui financier de l’Union européenne.

MYK/FKS/ASB