SENEGAL-AFRIQUE-PECHE
Fatick, 14 août (APS) – La Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA) annonce avoir travaillé sur la mise en place d’une commission tripartite regroupant des acteurs de la Guinée-Bissau, de la Gambie et du Sénégal en vue de mieux défendre la pêche artisanale durable.
”Les poissons migrent. Les pirogues circulent. Les marchés s’entrecroisent. Mais la gouvernance, elle, reste trop souvent enfermée dans les frontières administratives’’, a d’abord relevé cette plateforme.
‘’C’est précisément cette contradiction que la CAOPA tente de corriger en portant la mise en place d’une commission tripartite entre organisations professionnelles de la pêche artisanale de la Guinée-Bissau, de la Gambie et du Sénégal”, a-t-elle expliqué dans un communiqué transmis à l’APS.
Cette commission se propose de ‘’dépasser la simple création d’un cadre de concertation pour marquer un changement de méthode’’, selon ses initiateurs.
”Pendant des années, les accords de pêche ont souvent été négociés entre Etats, puis expliqués, parfois mal, parfois tard, à celles et ceux qui vivent quotidiennement de la mer’’, souligne le texte.
La CAOPA appelle à un changement de paradigme, en faisant entrer les pêcheurs artisans, les mareyeurs, les transformatrices et leurs organisations ‘’dans le cœur du pilotage, au lieu de les maintenir à la périphérie de décisions qui déterminent pourtant leur survie économique”.
Elle indique que ”les tensions, elles, traversent les frontières tout aussi vite’’, en citant l’accès aux zones, contrôles, documents, méconnaissance des règles voisines, conflits d’usage, concurrence sur les débarquements, pression industrielle et pêche illicite.
De ce point de vue, ‘’continuer à gérer séparément une réalité partagée revient à administrer un seul écosystème avec plusieurs aveuglements nationaux”, estime la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale.
Elle insiste sur le fait que cette problématique ‘’touche très concrètement, la sécurité alimentaire, le revenu des communautés côtières, la place des femmes dans l’économie halieutique et la capacité des pêcheurs à travailler sans être pris entre règlements mal compris’’.
”On ne peut plus prétendre gérer durablement des stocks partagés si ceux qui les exploitent légalement ne maîtrisent ni le contenu réel des accords, ni leurs droits, ni leurs obligations”, souligne la CAOPA qui indique avoir tenu à Ziguinchor, le 11 juillet 2026, une réunion préparatoire de ce processus, pour recueillir les préoccupations des professionnels sénégalais avant les étapes gambienne et bissau-guinéenne.
ADE/HK/SMD/MTN
