Un spécialiste appelle à déterminer les risques liés aux aliments chauds dans des sachets plastiques
Un spécialiste appelle à déterminer les risques liés aux aliments chauds dans des sachets plastiques

SENEGAL-SANTE-ALIMENTATION

Dakar, 15 sept (APS) – La vente de bouillie chaude dans des sachets plastiques, une pratique courante mais peu documentée, mérite une évaluation scientifique afin de déterminer les risques auxquels les consommateurs pourraient être exposés, a estimé Dr Mamadou Ndiaye, spécialiste de la sécurité sanitaire des aliments.

”Il faudrait peut-être avoir des preuves scientifiques, mais d’un point de vue théorique, un contenant alimentaire doit être inerte”, a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de s’interroger sur l’utilisation de sachets plastiques pour contenir des aliments chauds.

Le spécialiste de la sécurité sanitaire des aliments intervenait en marge d’un forum sur le thème ”Alimentation de rue et santé publique : garantir une nourriture sûre pour des communautés prospères’’.

Il estime que la question doit être abordée dans le cadre plus large de l’encadrement de la restauration de rue, devenue une nécessité pour une grande partie de la population.

‘’Nous sommes obligés aujourd’hui de manger à l’extérieur. Ce n’est plus un luxe’’, a-t-il relevé, évoquant notamment la journée continue, l’éloignement entre les lieux de résidence et de travail et l’accessibilité financière de la restauration de rue.

Pour lui, l’objectif ne doit donc pas être de supprimer l’alimentation de rue, mais de faire en sorte qu’elle puisse s’exercer dans des conditions garantissant la sécurité des consommateurs.

Dr Ndiaye préconise ainsi une meilleure identification des acteurs de la restauration et leur encadrement par les services compétents. Il cite l’exemple de Kaolack (centre), où les vendeurs de fruits cueillis ont été identifiés et dotés de cartes professionnelles.

Cette démarche devrait, selon lui, être étendue aux vendeurs de plats chauds, de jus et aux autres acteurs intervenant dans la commercialisation d’aliments dans les rues.

Il appelle également à renforcer le contrôle de l’alimentation vendue dans les écoles, estimant que les vendeurs opérant aux abords des établissements devraient être intégrés dans des espaces aménagés afin de faciliter leur suivi et de garantir la salubrité des produits.

Le spécialiste insiste sur la nécessité d’une implication accrue des pouvoirs publics dans la sécurité sanitaire des aliments. Il rappelle que les maladies d’origine alimentaire sont responsables, selon les chiffres qu’il a cités, de 1,52 million de décès, appelant à faire de cette question une priorité de santé publique.

M. Ndiaye souligne enfin l’importance de la sensibilisation, notamment à travers les médias, pour informer les consommateurs et encourager de meilleures pratiques en matière de manipulation, de conditionnement et de consommation des aliments.

NSS/OID/MTN