L’urgence de clarifier l’application concrète du droit international humanitaire au domaine numérique évoquée à Dakar
L’urgence de clarifier l’application concrète du droit international humanitaire au domaine numérique évoquée à Dakar

SENEGAL-MONDE-TECHNOLOGIE-SECURITE

Dakar, 15 sept (APS) –L’ambassadrice de la Suisse au Sénégal, Tamara Mona, a souligné, mardi à Dakar, l’urgence de clarifier l’application concrète du droit international humanitaire au domaine numérique, estimant que la transformation des conflits armés par l’Intelligence artificielle était en cours.

”Si le droit international humanitaire a fait preuve d’une flexibilité remarquable face aux nouvelles technologies, il est urgent de clarifier comment il s’applique concrètement au domaine numérique’’, a-t-elle notamment déclaré.

L’ambassadrice de la Suisse au Sénégal intervenait à l’Humanitarium, consacré dans la capitale sénégalaise, aux enjeux de l’Intelligence artificielle dans les conflits armées et au rôle du droit international humanitaire face à cette révolution technologique, y compris dans le domaine de l’armement.

”La question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle transformera les conflits armés. Cette transformation est déjà en cours. La numérisation de la guerre, à l’instar des cyberattaques, est déjà une réalité’’, a affirmé la diplomate.

Elle fait remarquer que cette technologie accompagne désormais et soutient les opérations militaires, tout en servant de moyen d’attaque.

Tamara Mona signale qu’au-delà de la cyberguerre, la numérisation des sociétés implique de plus en plus les civils, que ce soit par le biais de leurs appareils numériques, comme les smartphones, ou en tant que hackers.

Elle a insisté sur le fait que de nombreux services numériques sont fournis par des entreprises technologiques privées, y compris pour des activités directement liées à la guerre, tandis que la communication numérique est utilisée pour amplifier la propagation des discours de haine, diffuser des images de prisonniers de guerre ou inciter à la violence et les violations du droit international humanitaire.

Face à une telle situation, l’ambassadrice suisse a tenu a rappeler que le monde n’était pas confronté à un vide juridique. ‘’Le droit international existant, en particulier le droit international humanitaire, s’applique aux activités liées aux technologies de l’information et de la communication pendant les conflits armés et doit être respecté’’, a -t-elle ainsi fait valoir.

Elle n’a pas non plus manqué de souligner l’engagement de son pays pour lequel le droit international humanitaire constitue l’un des fondements essentiels de sa politique étrangère.

En tant qu’Etat dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse œuvre depuis de nombreuses décennies pour leur respect, leur mise en œuvre et leur développement.

Les principes fondamentaux du droit international humanitaire comme, la distinction, la proportionnalité, la précaution et la limitation, restent notre boussole : les technologies évoluent, les obligations humanitaires demeurent.

”La Suisse aux côtés d’autres Etats, a joué un rôle de premier plan en plaidant en faveur d’un débat plus large sur la manière dont le droit international humanitaire régit l’utilisation des moyens numériques dans les conflits armés’’, a encore dit la cheffe de sa mission diplomatique suisse au Sénégal.

Elle a martelé que des discussions telles que celles organisées mardi à Dakar étaient essentielles pour développer une compréhension commune, garantir la protection des civils et des biens de caractère civil, et clarifier les actes interdits.

”Les défis posés par l’intelligence artificielle, et plus largement, par la transformation numérique des conflits sont globaux. Les réponses doivent l’être aussi’’, a-t-elle ajouté, répétant que les règles qui encadrent les technologies de demain ne peuvent pas être conçues uniquement dans quelques laboratoires, quelques entreprises ou quelques capitales.

AKS/OID/MTN