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Dakar, 30 (APS) – L’universitaire et politologue sénégalais à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Ndiaga Loum et ses collègues de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire, Jean-Jacques Bogui et Désiré Nanga Coulibaly, ont codirigé un ouvrage scientifique consacré aux usages, aux perceptions et aux premières tentatives de régulation de l’intelligence artificielle (IA) en Afrique, peut-on lire sur le site internet de l’établissement canadien d’enseignement supérieur.
Intitulé ‘’Le processus d’adoption des usages de l’intelligence artificielle en Afrique : pratiques, perception et perspectives’’, l’ouvrage est publié en français et en anglais aux éditions Iste.
L’ouvrage réunit des travaux consacrés à différents usages de l’IA sur le continent, notamment par des journalistes camerounais, des femmes professionnelles ivoiriennes, des enseignants marocains, des étudiants sénégalais, ainsi que des organisations religieuses ayant recours à l’IA dans la transmission du savoir islamique, indique la même source.
Il se propose d’analyser “les perceptions, les représentations sociales et les enjeux de la régulation de l’IA en Afrique, dans une perspective résolument pluridisciplinaire, en mobilisant les sciences de l’information et de la communication, la science politique, la linguistique appliquée, l’anthropologie, entre autres’’, peut-on lire sur la quatrième de couverture du livre.
Les auteurs ont abordé l’intelligence artificielle comme un ‘’phénomène à la fois social, technique, culturel et spirituel, dont l’analyse ne saurait se limiter à une seule discipline’’.
Ils abordent également les questions de ‘’désinformation, de cybersécurité, de régulation et de développement durable, dans un contexte où les technologies liées à l’IA connaissent une adoption croissante’’.
Loum et Cie insistent notamment sur la nécessité d’un développement et d’une adoption de l’IA qui soient inclusifs et équitables, afin que ses bénéfices ne profitent pas uniquement à une partie de la population et puissent contribuer à réduire les écarts socioéconomiques et à améliorer l’accès aux services de base.
Ouverture d’un chantier scientifique
L’ouvrage constitue, selon ses auteurs, un premier volume d’une ambition plus large, notant qu’un ‘’chantier de la collaboration scientifique reste ouvert”, allant dans le sens de poursuivre les travaux sur les pratiques, les perceptions et la gouvernance de l’intelligence artificielle en Afrique.
L’enjeu consiste à établir progressivement un état des lieux des usages de l’IA en Afrique ainsi que leur encadrement ou leur absence d’encadrement, dans l’ensemble des pays du continent, indique-t-on.
Professeur titulaire de la Chaire Senghor de la Francophonie en communication internationale, Ndiaga Loum a notamment évoqué les défis liés à la régulation de l’IA présentant des particularités en Afrique, où les cadres réglementaires et législatifs ne suivent pas toujours la rapidité des usages des nouvelles technologies.
Cité dans le communiqué de son université, il s’attarde également sur les enjeux liés à la gestion des données personnelles, les considérations juridiques, éthiques et morales de l’IA.
“Quel est le meilleur encadrement à offrir pour éviter que la puissance technologique s’impose aux pouvoirs/capabilités de l’humain, ce qu’il peut en faire et ce qu’il compte en faire ?’’, s’est interrogé l’ancien professeur au CESTI, l’école de journalisme et de communication de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) .
“Ces questions ne reflètent que quelques-uns des nombreux défis auxquels l’humain d’une manière générale est confronté face au potentiel de développement en apparence ‘illimité’ de l’IA’’, a-t-il fait savoir.
SMD/ABB/ASB
