A Mbour, le marché de la rentrée scolaire attend ses clients
A Mbour, le marché de la rentrée scolaire attend ses clients

SENEGAL-EDUCATION-REPORTAGE

Mbour, 30 sept (APS) – A quelques jours de la rentrée scolaire prévue le 7 octobre, les marchés et commerces de vêtements et de fournitures scolaires de Mbour (ouest) peinent encore à retrouver l’effervescence habituellement associée à cette période. 

Vêtements, fournitures scolaires, tissus et uniformes sont disponibles en abondance sur les étals, mais les commerçants se tournent les pouces.

Ils expliquent cette faible affluence par la pression persistante sur les budgets des ménages.

En ce début de semaine, le marché central de Mbour retrouve ses habitude. Il est animé comme d’habitude, sous un ciel couvert.

Marchands ambulants, vendeurs à la criée et rares clients se faufilent entre les étals. Dans les boutiques, les commerçants disent espérer un afflux d’acheteurs dans les prochains jours.

En face de l’hôpital de Téfess, dans une ruelle menant à une boutique qui a pignon sur rue, Saliou Ndiaye, vendeur de vêtements, observe avec attention les rares élèves venus faire leurs achats de vêtements ou de fournitures scolaires.

A Mbour, le marché de la rentrée scolaire attend ses clients

“Les élèves viennent par petits groupes, mais pas comme d’habitude. En ce mois de septembre, ils se font rares à cause des festivités du Kankourang”, explique-t-il.

Le commerçant mise désormais sur un regain d’activités au début du mois d’octobre, marquant la fin des animations de la période de vacances.

Non loin de là, la même ambiance prévaut devant une papeterie où s’empilent livres et cahiers, qui attendant preneurs.

Le tailleur Aladji Gassama, installé tout près, constate lui aussi une faible fréquentation. “Les clients ne sont pas encore là. A Mbour, les gens ont l’habitude d’attendre le dernier moment”, dit-il.

A Mbour, le marché de la rentrée scolaire attend ses clients

Cette morosité touche également les vendeurs de vêtements. Ibrahima Diouf évoque, pour sa part, une concurrence accrue avec l’arrivée de commerçants venus d’autres localités pour profiter du marché de la rentrée.

Au village artisanal, les vendeurs de tissus et les ateliers de couture font le même constat. Ndèye Ndoumbé Ngom indique que les commandes d’uniformes scolaires “tardent à se concrétiser comparativement aux années précédentes”, malgré la disponibilité des stocks.

Dans les ateliers de couture, la situation est contrastée. Le tailleur Pape Diop déplore la faiblesse des commandes d’uniformes des établissements scolaires, alors qu’Afass Guèye dit être en train de confectionner jusqu’à 200 pièces destinées au Centre de formation professionnelle et commerciale (CFPC).

A Mbour, le marché de la rentrée scolaire attend ses clients

Derrière cette relative morosité commerciale, se pose surtout la question du pouvoir d’achat des familles.

Diaw Top, coiffeuse, dit avancer “petit à petit”, au rythme des recettes quotidiennes de son salon, pour faire face aux dépenses de la rentrée scolaire, surtout l’inscription des enfants.

Sokhna Mbayang Guèye, vendeuse de petit-déjeuner, plaide pour une réglementation voire une subvention des prix des fournitures scolaires et des denrées de première nécessité.

A l’approche de l’ouverture des classes, commerçants et familles de Mbour partagent le même espoir : les premiers comptent sur un afflux de clients, alors que les chefs de ménage sont davantage concentrés sur les voies et moyens de s’acquitter des dépenses scolaires, la priorité des priorités.

DS/SBS/ABB/MTN/HB/BK