Des acteurs économiques plaident pour une actualisation de la convention d’établissement de 1964 entre Dakar et Rabat

SENEGAL-MAROC-COOPERATION

Dakar, 30 sept (APS) – Des acteurs économiques et juridiques ont plaidé, mercredi à Dakar, pour une évaluation et une actualisation de la convention d’établissement signée en 1964 entre le Sénégal et le Maroc, afin de l’adapter aux évolutions du cadre de l’investissement et aux nouvelles exigences liées au contenu local.

“Une convention qui dure depuis 60 ans doit au moins être actualisée, recontextualisée, parce qu’on est 60 ans plus tard dans un autre monde”, a déclaré Abdoulaye Ly, ancien directeur de la promotion des investissements.

“Cette convention doit faire l’objet d’une évaluation, je crois, pour voir les principes à retenir, à consolider, ce qu’il faut réformer également”, a ajouté M. Ly en intervenant lors d’un débat public à la résidence de l’Ambassade du Maroc à Dakar.

Plusieurs acteurs économiques sénégalais et marocains et des officiels des deux pays ont pris part à cette rencontre consacrée au thème : ”Partenariat économique Maroc-Sénégal : cadre juridique OHADA et enjeux du contenu local”.

Abdoulaye Ly a ainsi souligné la nécessité d’articuler la convention avec les dispositifs sénégalais de contenu local et les nouveaux cadres de l’investissement.

Il a, par ailleurs, proposé la création d’un Conseil d’affaires Sénégal-Maroc, qui aurait notamment pour missions de créer des projets, de construire des partenariats et de faciliter la mise en relation des investisseurs des deux pays.

Me Khaled Abou El Houda, responsable d’un cabinet d’avocats au Maroc, a rappelé que cette convention accorde aux ressortissants sénégalais et marocains des droits importants en matière d’établissement et d’activité économique dans l’autre pays.

Selon lui, les dispositions de la convention posent aujourd’hui “la question de l’articulation entre la convention et les règles sénégalaises relatives au contenu local, notamment dans les secteurs des hydrocarbures et des mines”.

Me El Houda estime ainsi que le texte de 1964 doit être davantage connu et examiné par les administrations et les opérateurs économiques, pour “clarifier son incidence sur le statut des investisseurs marocains au Sénégal et des Sénégalais au Maroc”.

L’ambassadeur du Maroc au Sénégal Hassan Naciri a rappelé que la convention avait été conçue dans un contexte très différent de celui d’aujourd’hui, avant la mise en place de nombreux cadres et organisations qui structurent actuellement les relations économiques africaines.

Il a souligné qu’elle traduisait, dès 1964, “la volonté politique de nos autorités de l’époque d’enraciner la coopération intra-africaine et d’aller vraiment le plus loin possible”.

Pour le diplomate marocain, cette convention mérite aujourd’hui d’être “vulgarisée et expliquée”, afin que les opérateurs des deux pays puissent mieux connaître les possibilités qu’elle offre.

“Quand on parle de l’investissement du Maroc au Sénégal, il faut aussi parler de l’investissement sénégalais au Maroc”, a-t-il lancé, invitant les entrepreneurs sénégalais à saisir les opportunités offertes par le marché marocain.

”Il faut que les opérateurs sénégalais osent investir aussi au Maroc. Il y a un potentiel énorme dans ce sens”, a plaidé Hassan Naciri.

Le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD) Abdoulaye Sow s’est déclaré favorable à la proposition de création d’un centre d’affaire Sénégal-Maroc, estimant qu’un tel cadre pourrait contribuer à résoudre les difficultés techniques rencontrées par les opérateurs des deux pays.

Pour le président de la CCIAD, ce Conseil d’affaires permettrait ainsi aux acteurs sénégalais et marocains de traiter ensemble les difficultés qui se posent dans leurs relations économiques.

Les intervenants ont ainsi appelé à mieux exploiter les acquis de la convention de 1964 tout en adaptant son application au contexte économique et juridique actuel, avec l’objectif de consolider un partenariat présenté comme stratégique et fondé sur une coopération réciproque.

TAB/MTN