Un officiel sénégalais relève l’évolution stratégique de la gouvernance de l’eau
Un officiel sénégalais relève l’évolution stratégique de la gouvernance de l’eau

SENEGAL-HYDEAULIQUE-DEFIS

Dakar, 28 jan (APS) – La gouvernance de l’eau tend à dépasser le cadre strictement technique pour intégrer des enjeux géopolitiques, sécuritaires et économiques, a estimé, mercredi, le secrétaire général du ministère sénégalais de l’Hydraulique  et de l’Assainissement.

“La demande en eau connaîtra une augmentation considérable dans les décennies à venir”, a d’abord souligné Baboucar Mboundar Ngom, mercredi, lors d’un atelier consacré à la validation de l’accord pour la gestion du bassin aquifère sénégalo‑mauritanien

Dans cette perspective, a-t-il dit, la gouvernance des eaux transfrontalières “ne peut plus être appréhendée sous le seul angle technique. Elle est désormais éminemment politique, touchant à la souveraineté des États, à la sécurité humaine, à la stabilité sociale et au développement économique”.

Selon M. Ngom, le bassin aquifère sénégalo-mauritanien, partagé entre le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie, la Guinée et la Guinée-Bissau, “illustre parfaitement cette réalité”.

Cette “réserve stratégique, invisible mais vitale”, “constitue un socle essentiel pour l’alimentation en eau potable de millions de nos concitoyens, pour le développement économique de nos territoires et pour la résilience face aux chocs climatiques”, a fait valoir le secrétaire général du ministère sénégalais de l’Hydraulique  et de l’Assainissement.

La représentante du secrétariat de la convention des Nations unies sur l’eau, Francesca Bernardini, a insisté sur le fait qu’il n’existe que “très peu d’accords sur les eaux souterraines transfrontalières dans le monde, et rares sont ceux qui portent une ambition comparable à celle de cet accord”.

“Vous êtes en train d’écrire une page historique, non seulement pour les populations du bassin, mais aussi pour la gouvernance mondiale des eaux transfrontalières”, a-t-elle soutenu.

Elle a invité les parties prenantes à “finaliser cet accord avec ambition et célérité”, en vue de sa présentation lors de la Conférence des Nations unies sur l’eau en décembre 2026.

“En associant dès le départ ces deux organismes de bassin au dialogue sur l’aquifère, vous avez fait le choix de l’intelligence collective”, s’est félicité l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, Jean Marc Pisani.

“En validant cet accord, vous confirmez que l’eau n’est pas une source de division, mais un pont vers une prospérité durable”, a -t-il dit aux participants.

Un officiel sénégalais relève l'évolution stratégique de la gouvernance de l'eau

NSS/SMD/BK