SENEGAL-SANTE-SOCIAL
Kaolack, 2 sept (APS) – Le directeur de la Promotion et de la Protection des groupes vulnérables à la direction générale de l’Action sociale, Souleymane Dia, a appelé, mercredi, à renforcer les actions de prévention et les mécanismes d’accompagnement des communautés affectées par la lèpre, dans la région de Kaolack (centre) en particulier, l’une des zones les plus touchées par la maladie.
La région de Kaolack a enregistré 42 nouveaux cas de lèpre sur les quelque 285 cas recensés annuellement au Sénégal ces dernières années, avec une présence préoccupante de nouveaux cas chez les enfants, a indiqué Souleymane Dia, soulignant la nécessité d’intensifier les efforts pour interrompre la transmission de la maladie.
Prenant part à un atelier d’échanges et de partage sur le Programme de résilience des communautés affectées par la lèpre (PRCAL), il a indiqué que Kaolack fait partie des quatre régions les plus prévalentes en matière de lèpre.
La rencontre, présidée par l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Mamadou Habib Kamara, a servi de cadre de restitution des résultats de la collecte de données et des consultations menées auprès des populations de Koutal Malick Ndiaye, ancien village de reclassement social situé dans la commune de Ndiaffate.

“Cela montre tout simplement que la bactérie est en train de circuler”, a-t-il relevé, appelant à la mise en œuvre de programmes et de plans d’action visant à interrompre la transmission.
Le Sénégal s’est engagé à éliminer la lèpre à l’horizon 2030, a-t-il rappelé, soulignant que l’atteinte de cet objectif nécessite d’abord de rompre la chaîne de transmission avant de parvenir à l’éradication de la maladie.
Un programme de 7,216 milliards de francs CFA
Revenant sur le PRCAL, Souleymane Dia a indiqué que le gouvernement a mis en place ce programme à la suite de l’abrogation, en 2023, de la loi instituant les villages de reclassement social.
Le programme couvre les neuf anciens villages de reclassement social du Sénégal et est doté d’une enveloppe de 7,216 milliards de francs CFA, destinée à financer des actions en faveur du développement inclusif de ces communautés.
“C’est un programme ambitieux qui va permettre de toucher toutes les questions dont ces communautés ont besoin pour pouvoir devenir des villages de développement inclusif”, a-t-il expliqué.
La question foncière au cœur des préoccupations
Souleymane Dia a insisté sur la nécessité de clarifier la situation foncière des anciens villages de reclassement social, estimant que cette question constitue une condition importante de leur développement.
Il a rappelé que la législation permettant le reclassement de personnes affectées par la lèpre dans des villages dédiés a été adoptée en 1976.
”C’était en réalité un régime d’exception qui permettait de mieux se concentrer sur le traitement de cette maladie qui, à l’époque, ne disposait pas de vaccin ni de traitement spécifique”, a-t-il expliqué.
Selon lui, l’abrogation de cette législation en 2023 devait être accompagnée de mesures permettant aux populations concernées de bénéficier pleinement de leur inclusion sociale et économique.
À l’issue de la mission, a-t-il ajouté, deux recommandations ont été formulées, dont l’adoption d’une approche régionale permettant au gouverneur d’instruire les services techniques, notamment le Cadastre, afin d’établir la situation foncière de l’ancien village de reclassement social.
Cette démarche devrait, selon lui, contribuer à la mise en place d’un dispositif permettant de rétrocéder les terres aux communautés concernées.
”Aujourd’hui, la population de cette communauté tourne autour de 1.500 habitants, alors qu’il n’y a que neuf hectares réservés à ces populations”, a-t-il signalé.
Il a ainsi plaidé pour la mise à disposition de terres supplémentaires afin de permettre aux populations de développer une ferme communautaire et d’autres activités génératrices de revenus.
La maire de Ndiaffate, Aïssatou Ndiaye, a assuré de la volonté de la commune qu’elle dirige d’accompagner les populations de Koutal Malick Ndiaye sur les plans social et de l’assainissement.

Elle a appelé les services administratifs de la région et le gouvernement à contribuer au règlement de la question foncière qui oppose, selon elle, les communes de Ndiaffate et de Latmingué autour de ce village.
“Le village a besoin d’être élargi”, a-t-elle soutenu, estimant que des possibilités existent autour de Koutal Malick Ndiaye pour permettre son extension et la création d’une ferme intégrée.
Selon l’édile, les populations doivent être considérées comme des acteurs du développement économique et non comme de simples bénéficiaires de l’accompagnement de l’État.
Elle a également appelé à renforcer le dépistage de la lèpre dans les villages concernés.
”Deux ans, c’est trop. Il faut peut-être faire le dépistage chaque année”, a-t-elle préconisé, invitant également à former les élus locaux et les agents des collectivités territoriales à reconnaître les signes et symptômes de la maladie.
Cette formation permettrait, selon elle, d’orienter rapidement les personnes présentant des signes suspects vers les structures sanitaires pour un diagnostic.
Aïssatou Ndiaye a enfin réaffirmé la disponibilité de la commune de Ndiaffate à accompagner l’État dans les actions de prévention, de sensibilisation et de développement économique en faveur des populations de Koutal Malick Ndiaye.
MS/BK
