Un nutrithérapeute insiste sur la nécessité d’améliorer la préparation des aliments dits traditionnels
Un nutrithérapeute insiste sur la nécessité d’améliorer la préparation des aliments dits traditionnels

SENEGAL-SOCIETE-PLAIDOYER

Dakar, 4 sept (APS) – Le nutrithérapie Kéba Tamba préconise que les aliments traditionnels africains soient sautés ou vaporisés plutôt que cuits, en vue de leur permettre de conserver leur apport en micronutriments, essentiels pour le fonctionnement de la cellule et du corps.

“Quand on parle de l’alimentation traditionnelle africaine, qui est une alimentation cuite, malheureusement on n’est plus dans le vivant. Et quand on n’est plus dans le vivant, on perd presque tout ce qui est micronutrition, tout ce qui est micronutriments du moment”, a-t-il déclaré dans un entretien avec l’APS.

“Peu importe qu’ils soient traditionnels, si ces aliments sont cuits, ils perdent malheureusement [beaucoup de] leur valeur nutritionnelle, surtout en termes de micronutriments”, a expliqué M. Tamba.

Un nutrithérapeute insiste sur la nécessité d'améliorer la préparation des aliments dits traditionnels

Selon lui, la consommation d’aliments crus, notamment les légumes et les fruits, permet de certifier de la présence des micronutriments dans le corps humain.   

“Lorsqu’on fait sauter, par exemple, on conserve les micronutriments. Que les aliments soient consommés de façon crue, à la vapeur, sautés, cela permet de conserver leurs micronutriments”, a-t-il insisté.

Au-delà de 40 degrés, presque tous les micronutriments des plats comme le ceebu jën, le yassa, le ngurbaan ou encore le kaldou sont inexistants, décrète-t-il.

Si l’on tient à consommer les aliments traditionnels cuits, il y a lieu de commencer d’abord à manger des légumes ou des fruits, en vue d’avoir les micronutriments nécessaires pour le corps.

Plaidoyer pour un programme d’éducation nutritionnelle

Kéba Tamba fait valoir que “le plus important dans une alimentation, ce sont les micronutriments pour lesquels les carences sont bien présentes chez la majorité des populations”.

Le spécialiste en nutrition note, de ce point de vue, que “la valeur nutritionnelle la plus mieux indiquée pour le fonctionnement du corps humain ne se retrouve que dans la composition des aliments consommés à leur état de vie”.

Il milite par ailleurs pour l’éducation nutritionnelle, qu’il considère comme “la base” des questions d’alimentation, plaidant pour “un programme national qu’on doit élaborer et projeter sur des générations”.

L’éducation nutritionnelle à partir de l’école élémentaire par exemple, a-t-il dit, ajoutant : “Une fois qu’on aura introduit ce programme d’éducation, cela permettra automatiquement de développer de bons comportements”.

Il a cité l’exemple de certains pays européens ayant lancé des écoles pilotes consacrées à cette problématique, un type d’expérimentation qui a, selon lui, “automatiquement influé sur l’obésité infantile” en Europe.

Un nutrithérapeute insiste sur la nécessité d'améliorer la préparation des aliments dits traditionnels

“Mon plus grand combat, mon plus grand rêve, c’est de voir les gouvernants comprendre ces enjeux, pour que nous les aidions à élaborer un programme qui sera introduit dès maintenant dans des écoles”, a-t-il déclaré.

Il soutient que la promotion d’une éducation nutritionnelle permettra de faire de la prévention sur le diabète, l’hypertension ou encore le cancer.

L’éducation nutritionnelle peut “aider les gens à comprendre la toxicité liée au sucre contenu dans des boissons locales et autres”, par exemple, en leur faisant comprendre qu’il est “totalement faux de croire que le sucre demeure une source d’énergie”.

AMN/FKS/BK/HK