SENEGAL-MONDE-LITTERATURE
Dakar, 1er oct (APS) – Les éditions ”Saaraba” viennent de publier un ouvrage en deux versions – wolof-français et pulaar-français -, avec l’ambition d’inciter les jeunes à réfléchir sur la question des langues dont plusieurs sont menacées de disparition à travers le monde.
Intitulé ”Ce qui nous rend humain”, ce livre-album de culture générale a été présenté mardi à Dakar, en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), dans le cadre de la Journée internationale de la traduction célébrée.
Cet ouvrage dont l’illustration est signée par l’Italienne Anna Forlati est issu des textes de l’écrivain brésilien Victor D.O. Santos.
Il a été traduit en wolof sous le titre de ”Li nuy niteloo” par le Sénégalais Babacar Lo, son compatriote Bassirou Kébé ayant signé la tradition en pulaar sous le titre ”Ko waddi neddaagal men”.
”C’est un livre qui nous invite à réfléchir à une question essentielle, celle des langues dans le monde et des menaces de disparition qui pèsent sur la plupart d’entre elles”, a déclaré le directeur éditorial des éditions Saaraba, Souleymane Guèye, à l’occasion de la présentation officielle de ce livre.
L’ouvrage dont la sortie est prévue le 16 octobre prochain, reste, selon lui, l’un des moyens les ”plus sûrs” pour faire vivre et perdurer les langues partout dans le monde.
”L’une des raisons pour lesquelles j’ai particulièrement aimé ce livre, c’est sa construction. Il enseigne certes, ouvre des perspectives, mais surtout, il le fait par le biais du jeu et d’un exercice qui nous est cher au Sénégal, les devinettes”, a-t-il poursuivi.
En guise d’exemple, l’ouvrage invite son lecteur à répondre à des questions de culture générale, dont ”Peux-tu deviner qui je suis ?”, traduite en wolof ”Ndax xam nga ki ma doon ?” et en pulaar ”Ada waawi miijaade holi miin ?”
Pour M. Guèye, le fait que la question des langues soit mise en avant, facilite la discussion sur ce livre qui offre ”toutes sortes de propositions et de réponses”.
“On estime que d’ici la fin du siècle, 40% des 7000 langues environ, pourraient disparaître, ou vont disparaître, faute des locuteurs”, a de son côté alerté le représentant de l’UNESCO, Youssouf Ouattara.
Il estime que la langue est “ce qui nous rend humain”, dans la mesure où elle permet de dialoguer, de communiquer ou encore de parler. Ce qui en fait “un patrimoine porteur de valeurs, de culture”.
“Ces langues sont porteuses également de certaines valeurs, certaines cultures sur nos patrimoines, on ne peut pas les négliger”, a-t-il insisté.
“J’ai été particulièrement impressionné par les illustrations, parce que l’exercice est très difficile. Faire des illustrations, qui parlent aux enfants, de tous les âges, tout comme aux adultes, aux vieillards, je crois que cette réussite, c’est tout à fait impressionnant”, a de son côté fait valoir l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop.
Cette coédition s’inscrit dans le cadre de la décennie internationale des langues autochtones 2022-2035, consacrée par l’Unesco.

AMN/FKS/HB/SBS/BK

