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Dakar, 8 juil (APS) – La lutte contre l’impunité demeure marquée par des avancées et des reculs, la Cour pénale internationale (CPI) faisant face à d’importants défis juridiques, organisationnels et politiques, a souligné, mercredi à Dakar, le professeur Moustapha Fall, Enseignant-chercheur à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
”La lutte contre l’impunité n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a un mouvement de flux et de reflux”, a déclaré l’universitaire lors d’un panel consacré à la lutte contre l’impunité en droit international, organisé par l’Institut des droits de l’homme et de la paix (IDHP) en partenariat avec Amnesty International Sénégal.
Selon lui, la CPI est confrontée à de nombreux obstacles qui limitent son action dans la poursuite des auteurs de crimes internationaux.
Des motifs d’espoir pour l’avenir de la justice pénale internationale
”Elle subit ce que l’un de ses membres appelle la formule des trois D : délégitimation, décrédibilisation et déstabilisation”, a-t-il indiqué, faisant référence aux critiques et aux pressions auxquelles l’institution est régulièrement confrontées.
Malgré ces difficultés, le professeur Fall estime qu’il existe ”des motifs d’espoir” pour l’avenir de la justice pénale internationale.
”Il ne faut pas perdre espoir, car le développement de la justice pénale internationale incite un nombre croissant d’États à revoir les compétences de leurs propres juridictions et à développer ce que l’on appelle la compétence universelle’, a-t-il expliqué.
L’universitaire a également relevé l’émergence, dans plusieurs pays, de structures judiciaires spécialisées destinées à faciliter les enquêtes et les poursuites relatives aux crimes internationaux les plus graves.
Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une meilleure harmonisation des mécanismes de poursuite et de coopération judiciaire à l’échelle internationale.
Évoquant le protocole de Malabo, qui prévoit notamment l’extension des compétences de la future Cour africaine de justice et des droits de l’homme, Moustapha Fall a plaidé pour un renforcement de la complémentarité entre les juridictions internationales et régionales.
”Aujourd’hui, il est important d’envisager une harmonisation entre la coopération internationale et les juridictions régionales dans la poursuite des crimes internationaux”, a-t-il soutenu.
Selon lui, une telle approche contribuerait à renforcer l’efficacité de la lutte contre l’impunité et à consolider les mécanismes de justice pénale internationale.
AN/OID/MTN
