Des spécialistes prônent des actions adaptées aux cibles pour une économie sociale et solidaire transformatrice en Afrique
Des spécialistes prônent des actions adaptées aux cibles pour une économie sociale et solidaire transformatrice en Afrique

SENEGAL-ECONOMIE

Dakar, 8 juil (APS)- Des représentants d’entreprises et d’organisations ont estimé, mercredi, à Dakar, que des actions adaptées aux cibles sont nécessaires pour avoir une économie sociale et solidaire transformatrice en Afrique.

Ils prenaient part à une plénière axée sur les alliances internationales et les financements innovants pour une économie sociale et solidaire transformatrice en Afrique.

Cette rencontre était organisée dans le cadre du Forum Africain de l’économie sociale et solidaire (FORA’ESS) qui s’est ouvert le mardi et va se poursuivre jusqu’à jeudi au Grand-Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose.

”Si on veut avoir une économie sociale et solidaire transformatrice, il est impératif que nous puissions avoir des alliances qui soient pertinentes par rapport au contexte auquel nous intervenons, mais qui soient aussi adaptées aux besoins”, a estimé Moussa Elimane Sall, chargé du partenariat stratégique à la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI).

”On a beau parlé de développement, si ce n’est pas au service de l’humain, ce dernier devient politique, d’où la nécessité de changer de paradigme”, a estimé M. Sall.

”Je donne juste un exemple: si on nous disait tout de suite qu’on a 1 milliard de dollars disponible pour financer cette économie sociale et solidaire, est-ce que les acteurs qui s’activent dans cette économie sociale et solidaire sont prêts à pouvoir absorber ce financement-là, pour en faire un investissement bénéfique ?”, s’est interrogé Moussa Elimane Sall.

Le responsable du partenariat stratégique à la Société de coopération pour le développement international a indiqué qu’au-delà du financement, ”il faut capaciter, renforcer et structurer”.

”Parce qu’il faut d’abord essayer de savoir si les coopératives ou les collectivités territoriales, avec lesquelles nous voulons travailler sont suffisamment préparées et structurées pour pouvoir absorber et piloter cette dynamique d’économie sociale et solidaire’’, a-t-il précisé.

Moussa Elimane Sall a soutenu qu’il faut faire en sorte que ces communautés ”aient conscience du potentiel économique” et du poids qu’elles peuvent avoir dans la ‘’structuration’’ d’un ‘’modèle économique’’, qui soit à la fois ‘’viable’’ et ‘’durable’’.

”Et très souvent, c’est une erreur que nous faisons, ou en tout cas que les communautés ou les collectivités comprennent mal. Quand on dit coopérative ou économie sociale ou solidaire, on a l’impression que c’est du don”, a-t-il souligné.

M. Sall a, ainsi, mis l’accent sur la dimension entrepreneuriale qui, selon lui, est ”fondamentale”.

”Tant qu’on ne pousse pas les gens à aller dans des projets rentables et avoir cette notion de redevabilité entre les membres de la coopérative et la coopérative elle-même, on passe souvent à côté et après deux ou trois ans, on se rend compte que le travail qui a été fait n’a pas eu l’impact qu’il faut”, a signalé le chargé du partenariat stratégique de la SOCODEVI.

Il a expliqué que pour créer cette ‘’autonomie structurelle”, il faut aussi travailler sur ”la confiance” en l’écosystème que ce soit les bailleurs, l’État ou les acteurs du marché.

Il a renseigné toutefois qu’il y a une ”question fondamentale” à prendre en compte, c’est celle de savoir ”si ces structures ou coopératives sont bancables”.

”Notre grande responsabilité, c’est de pouvoir mettre en place des actions concrètes, au-delà des intentions durables”, a souligné Valérie Tiacoh, directrice stratégie et innovation sociétale de Orange France.

D’après Mme Tiacoh, il s’agit de démontrer que les acteurs de l’économie sociale et solidaire sont des partenaires ‘’naturels’’ pour résoudre les crises sociales ou environnementales et pouvoir agir également pour l’atteinte d’un progrès pour tous.

”Il est évident que les traductions des concepts de l’économie sociale et solidaire ne sont pas les mêmes en Afrique, en Europe ou en Amérique latine même si on est mu par les mêmes ambitions. Il faut notamment passer de l’informel au formel, c’est-à-dire organiser un écosystème qui permet aux personnes qui s’engagent d’être des acteurs à impact”, a expliqué Valérie Tiacoh.

MFD/OID/MTN