Un ancien SG d’Amnesty International plaide pour une meilleure régulation des migrations en Afrique
Un ancien SG d’Amnesty International plaide pour une meilleure régulation des migrations en Afrique

AFRIQUE-SOCIETE-MIGRATION

Dakar, 30 sept (APS) – L’ancien secrétaire général (SG) d’Amnesty International, Pierre Sané, a plaidé, mercredi, à Dakar, pour la mise en place de dispositifs juridiques et institutionnels permettant aux pays africains d’accueillir et d’intégrer les migrants, estimant que la générosité des populations ne suffit pas à elle seule à gérer les mouvements migratoires sur le continent.

“Il faut s’assurer que les pays d’accueil disposent d’un dispositif juridique, policier, etc., qui permet d’intégrer toutes ces populations qui arrivent et qui permet de gérer la diversité”, a-t-il déclaré lors d’un panel organisé au Centre de recherche ouest-africain (WARC), dans le cadre d’un espace de débat citoyen ouvert dénommé “Pencum WARC”, .

Intervenant sur le thème “L’afrophobie, un phénomène qu’il faut à tout prix éradiquer sur notre continent”, M. Sané a notamment évoqué les tensions xénophobes en Afrique du Sud, qu’il a mises en relation avec plusieurs facteurs, dont la migration irrégulière, la concurrence sur le marché du travail, la criminalité et la corruption.

L’ancien haut fonctionnaire international a notamment pointé les conditions d’exploitation de certains travailleurs étrangers, qui acceptent, selon lui, des rémunérations inférieures au salaire minimum dans les pays hôtes, accentuant ainsi la concurrence avec les travailleurs locaux.

Il a estimé que les difficultés économiques et sociales, conjuguées à ces problèmes, peuvent rendre les populations plus vulnérables aux discours de rejet et aux manipulations xénophobes.

“Il ne faut pas uniquement compter sur la générosité des populations pour accueillir des voisins qui arrivent dans le pays pour toutes sortes de raisons”, a insisté l’ancien secrétaire général d’Amnesty International, rappelant que l’hospitalité est une tradition africaine qui dépasse les frontières du Sénégal et sa notion de “Teranga”.

Pierre Sané a aussi appelé à saisir la crise sud-africaine comme une occasion de relancer le dialogue sur les migrations intra-africaines, les modalités d’accueil et la régulation des déplacements, en cohérence avec l’objectif de libre circulation des personnes inscrit dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Il a cité en exemple des pays africains ayant assoupli les conditions d’entrée pour les ressortissants du continent, estimant que la levée des visas devrait s’accompagner de politiques d’intégration des migrants et de gestion de la diversité culturelle.

BAB/MTN/ABB