SENEGAL-AFRIQUE-SOCIETE
Dakar, 1er juillet (APS) – Les statistiques du contrôle des véhicules lourds pour le mois d’avril 2026 révèlent que près d’un camion sur deux circulait en surcharge au Sénégal, une situation “préoccupante et insoutenable” pour les finances publiques, estime le secrétaire général du ministère des Infrastructures, Abdoulaye Guèye.
“Les rapports statistiques mensuels présentent un niveau de surcharge important”, a-t-il dit, mercredi, à l’ouverture d’un atelier national de partage sur la mise en œuvre du Règlement numéro 14 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Les statistiques du mois d’avril 2026 révèlent “une situation préoccupante et insoutenable pour nos finances publiques. Sur 148.885 camions contrôlés, 47,71 % sont en surcharge malgré la tolérance actuelle de 20 % appliquée lors du pesage”, a indiqué M. Guèye, représentant le ministre des Infrastructures à cette rencontre.
La surcharge des véhicules lourds demeure l’une des principales causes de la dégradation prématurée du réseau routier, les études de la Commission de l’UEMOA ayant montré que les surcharges à l’essieu réduisent considérablement la durée de vie des chaussées et entraînent des coûts de réhabilitation et d’entretien élevés pour les États, a-t-il ajouté.
Selon Abdoulaye Guèye, le Règlement numéro 14 de l’UEMOA, adopté le 16 décembre 2005 à Bamako, vise à harmoniser les normes de contrôle du gabarit, du poids total autorisé en charge et de la charge maximale à l’essieu des véhicules lourds dans l’espace communautaire.

Ce texte fixe notamment la charge maximale autorisée à l’essieu à 11,5 tonnes et prévoit des sanctions en cas de dépassement, a-t-il signalé, précisant que le Règlement numéro 14 de l’UEMOA traduit la volonté des États membres de préserver les infrastructures routières, de garantir une concurrence loyale entre les opérateurs de transport et de renforcer la sécurité routière.
Le Sénégal applique ce dispositif communautaire depuis le 9 février 2012 et dispose actuellement de 24 postes de pesage fixes fonctionnels et de cinq brigades mobiles, soit le maillage de contrôle le plus dense de l’espace UEMOA, a-t-il souligné.
Ces investissements ont permis de réduire les cas de surcharge extrême et de limiter l’agressivité des véhicules sur les routes.
Toutefois, le taux de dégradation du réseau routier communautaire a augmenté de 32 % entre 2022 et 2023, conséquence de la persistance des surcharges et de l’utilisation de camions modifiés ou non conformes, a poursuivi M. Guèye.
Il a également rappelé que l’objectif fixé au lancement du dispositif consistait à ramener le taux de surcharge sous la barre de 10 % au bout de cinq ans.
“Quatorze ans plus tard, il est aisé de constater que l’atteinte de cet objectif demeure encore incertaine”, a-t-il relevé.
Évoquant la réunion des experts de l’UEMOA tenue à Bamako en novembre 2024, Abdoulaye Guèye a indiqué qu’aucun État membre n’applique encore intégralement le Règlement n°14.
Le Sénégal figure néanmoins parmi les pays les plus avancés sur ce plan, en raison des investissements consentis pour la préservation de son réseau routier, a-t-il indiqué, non sans relever que le pays applique toujours une tolérance de 20 % sur les surcharges, contre 15 % prévus par la déclaration ministérielle de Lomé.
De même le régime national des amendes n’est pas encore pleinement aligné sur les dispositions communautaires, a-t-il poursuivi, assurant que les préoccupations des transporteurs, notamment en matière de coûts d’exploitation et de compétitivité, seront prises en compte dans la poursuite des réformes.
BAB/BK
