SENEGAL-HYDRAULITIQUE-RELIGION
De l’un des envoyés spéciaux de l’APS à Touba, Bakary Badji
Touba, 31 juil (APS) – Des milliers de fidèles continuent d’affluer vers Touba pour prendre part à la 132é édition du Grand Magal prévu ce dimanche. Les concessions se remplissent progressivement, mais l’approvisionnement en eau reste une difficulté permanente de ce grand rassemblement religieux.
Derrière le puits Aïnou Rahmati, à quelques encablures de la Grande Mosquée de Touba, les concessions se muent en véritables lieux d’accueil. Dans l’une d’elles, deux grandes tentes dressées dans la cour hébergent des fidèles venus de Dakar et de Thiadiaye, dans le département de Mbour (ouest).
Comme chaque année, les pèlerins arrivent chargés de vivres, ustensiles de cuisine, matelas et bagages pour plusieurs jours de séjour. Les fidèles venus de Dakar ont pris les devants en apportant une dizaine de bouteilles d’eau, tandis que dans la tente voisine, les récipients restent désespérément vides.
Les jeunes de la délégation de Thiadiaye se sont aussitôt lancés dans la quête de cette denrée rare, devenue précieuse dans plusieurs quartiers de la cité religieuse. A l’entrée de la concession, un robinet muet illustre à lui seul la pénurie.
Daba Ndiaye, sexagénaire, arrivée quelques heures plus tôt avec sa famille, observe avec inquiétude les allées et venues des plus jeunes. ”Nous n’avons aucune goutte d’eau. Ce sont nos garçons qui sont partis en chercher. Si cette pénurie persiste, même nous, les personnes âgées, prendrons nos récipients pour aller en quête d’eau afin de pouvoir accomplir correctement notre pèlerinage”, confie-t-elle.

”Nous avons besoin d’eau. Nous sommes venus accueillir des invités et préparer les repas dans de bonnes conditions”, insiste-t-elle.
Des camions citernes à la rescousse
Quelques instants plus tard, les jeunes réapparaissent, les bras chargés de bidons de dix litres qu’ils peinent à porter après de longues minutes de recherche. Plus loin, dans une concession appartenant à l’une des filles de Serigne Saliou Mbacké, ancien Khalife général des mourides, les préparatifs du Magal battent leur plein. A l’entrée, un tas de bois sec attend les foyers de cuisson.
Dans la cour, les femmes épluchent légumes et condiments, tandis que les hommes s’affairent au dépeçage d’un bœuf destiné aux repas des nombreux visiteurs. Le sourire aux lèvres malgré les difficultés, Binta Fall, occupée à nettoyer une grande marmite, confie que la réserve d’eau disponible ne tiendra pas longtemps.

”Nous avons encore un peu d’eau, mais elle ne suffira pas. Dans quelques heures, comme l’année dernière, nous devrons partir à sa recherche. L’eau est indispensable pour cuisiner, faire la vaisselle et accueillir dignement les pèlerins. Nous demandons aux autorités de régler définitivement cette situation”, plaide-t-elle.
Selon elle, les femmes sont les premières confrontées à cette corvée. ”Parfois, nous sommes contraintes d’utiliser des sachets d’eau pour préparer les repas ou répondre à d’autres besoins domestiques”, ajoute-t-elle.
Face à l’afflux massif de fidèles, les dispositifs d’approvisionnement sont progressivement renforcés. Devant la résidence de Serigne Saliou Mbacké, un camion-citerne alimente les réservoirs de la concession, sous le regard de nombreux habitants venus remplir seaux, bassines et bidons.
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