SENEGAL-ECONOMIE
Dakar, 17 sept (APS) – Des représentants du secteur privé ont lancé un appel à une relance de l’économie sénégalaise basée sur le ‘’dialogue’’ avec l’État et la confiance entre les acteurs.
La ‘’paix sociale’’ et la ‘’sécurité’’ sont des aspects importants de la relance proposée par le secteur privé, a dit Abdel Kader Ndiaye, le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES).
Il est temps pour les autorités du pays et le secteur privé d’avoir un ‘’plan de relance efficient et diligent’’ de l’économie, a ajouté M. Ndiaye, estimant que ‘’la restauration de la confiance entre les acteurs’’ est une nécessité.
‘’Sans cela, il n’y a point d’économie’’, a-t-il soutenu.
‘’Un pays, c’est l’économie. L’économie, c’est l’entreprise, c’est l’industrie. Quand l’économie est en bonne santé, le pays aussi est en bonne santé. Quand l’entreprise est malade, l’économie aussi est malade’’, a poursuivi le président de la CNES.
Abdel Kader Ndiaye a appelé aussi le secteur privé et l’État à renforcer les partenariats public-privé. ‘’Nous devons construire un cadre de collaboration solide, transparent et mutuellement bénéfique. Cela ne se fait pas avec des slogans’’, a-t-il dit.

Le président du CNP, Baïdy Agne
Le président du Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), Baïdy Agne, a plaidé pour la tenue de concertations régulières entre l’État, les organisations patronales et les syndicats. ‘’C’est important pour préserver la paix sociale, qui est absolument nécessaire à l’économie de notre pays.’’
‘’Les concertations sectorielles sont importantes. Elles peuvent se tenir une fois par trimestre ou par semestre’’, a proposé le président du CNP, après avoir plaidé pour la relance économique.
Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, assure que le département ministériel qu’il dirige fait des efforts pour que le ‘’dialogue’’ prévale entre l’État, les travailleurs et les organisations patronales.
L’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (APBEFS) a demandé au Premier ministre de l’aider à travailler dans ‘’un environnement de financement sécurisé’’.
‘’Nous ne demandons pas de garantie à l’État. Nous savons faire cela. Nous ne demandons pas de liquidités à l’État. Nous savons aller en chercher, même à l’étranger. La seule chose que nous demandons à l’État, c’est de nous garantir un environnement de financement sécurisé’’, a dit Sahid Yallou, le président de l’APBEFS, en intervenant à la réunion de travail du Premier ministre avec le secteur privé.
‘’Nous sommes conscients qu’il y a effectivement des choses à corriger chez nous, mais nous avons en même temps besoin d’un dialogue structuré avec l’ensemble des organisations du secteur privé’’, a souligné M. Yallou, relevant une ‘’grosse asymétrie de l’information’’ entre le secteur productif et le secteur bancaire.
Le Premier ministre reconnaît que le système bancaire doit être protégé. ‘’Pour avoir été patron de banque, je comprends votre appel à un environnement de financement sécurisé. Il doit y avoir un peu plus d’échanges entre vous et les organisations patronales’’, a dit Ahmadou Al Aminou Lo, ancien directeur national au Sénégal de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, s’adressant aux représentants de l’APBEFS.

Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté
À la fin de la réunion, le Premier ministre a fait six recommandations destinées à faire du secteur privé ‘’un moteur de transformation structurelle’’ de l’économie nationale.
‘’La transformation structurelle engagée par l’État du Sénégal à travers le référentiel ‘Sénégal 2050’ va reposer sur l’initiative privée. À cet effet, nous avons retenu six recommandations fortes’’, a-t-il dit.
La restauration du cadre de dialogue entre l’État et le secteur privé, l’amélioration de l’environnement des affaires, l’investissement destiné à l’attractivité des territoires, à l’industrialisation et aux filières, la mise en œuvre de projets ‘’catalytiques’’, le paiement de la dette intérieure et le redressement des entreprises en difficulté sont les six recommandations faites par le Premier ministre.
‘’On mettra en place un groupe de travail restreint, qui réunira l’État et le secteur privé, pour assurer un suivi [des recommandations]. Les concertations sectorielles sont essentielles, de même que le dialogue interne, au sein du secteur privé’’, a-t-il souligné.
Ahmadou Al Aminou Lo a suggéré aux représentants du secteur privé d’entretenir un dialogue permanent avec l’Assemblée nationale.
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