Touba : la moto, roue de secours contre les embouteillages
Touba : la moto, roue de secours contre les embouteillages

SENEGAL-RELIGION-TRANSPORT

Dakar, 4 août (APS) – Les motos font partie du décor des routes menant au Magal de Touba, certains pèlerins préférant ce moyen de transport pour contourner les embouteillages monstres.

Au lendemain du Magal de Touba, commémorant le départ en exil du fondateur du mouridisme, des milliers de fidèles rejoignent Dakar et d’autres localités du pays, certains à bord de motos, le moyen de transport qu’ils avaient emprunté à l’aller.

Une bonne partie d’entre eux se déplacent en convoi, justifiant le choix des deux-roues par un souci de rapidité et d’économie.

A Thiès, Malick Diop, un commerçant résidant à Keur Massar, dans la banlieue de Dakar, dit être habitué au voyage Keur Massar-Touba, environ 187 kilomètres, depuis son enfance, animé par la même ferveur du Magal.

”C’est par croyance au mouridisme et en Cheikh Ahmadou Bamba que je me rends à Touba à moto, mais c’est aussi un moyen plus rapide et moins couteux”, affirme avec fierté Malick Diop, un commerçant résidant à Keur Massar, dans la banlieue de Dakar.

Assis sur sa motocyclette, sur le parking de la station-service jouxtant le Champ de courses de Thiès, le disciple mouride a l’air fatigué.

Il fait partie d’un convoi de retour de Touba, en escale à Thiès pour se ravitailler avant de reprendre la route.

Le casque bien ajusté à la tête, il est entouré d’autres compagnons de route. Aux guidons de leurs motos, sont accrochés des rameaux de ‘’nguer’’, un arbuste qui pousse en rase campagne, auquel ils attribuent le pouvoir de chasser le mauvais sort et de les protéger le long du trajet.

‘’J’ai acheté 8 500 francs de carburant à l’aller. Nous avons pris départ le samedi à 6 heures, avec une escale à Bambey. Au retour, nous avons quitté Touba à 6 heures, pour arriver à 9 heures à Thiès. Je pense que nous serons chez nous vers midi”, espère le pèlerin, soulignant que le trajet ”n’a pas été difficile, ni à l’aller, ni au retour”.

Touba : la moto, roue de secours contre les embouteillages

Les convois à moto, un esprit de solidarité

Les convois à moto, une façon pour nombre de jeunes de manifester leur adhésion à l’appel de Bamba, sont ‘’de plus en nombreux à l’occasion du Magal’’, note-t-il.

Des centaines de motos, dans une cadence presque homologuée, telle une chorégraphie, traversent la ville de Thiès à l’aller comme au retour du Magal, le plus souvent à deux par engin.

Une des raisons qui poussent certains à préférer ce moyen de transport, c’est aussi cette solidarité qui règne entre les membres d’un convoi. Ils se soutiennent et s’entraident en cas de panne, jusqu’à leur arrivée à destination.

Touba : la moto, roue de secours contre les embouteillages

Même s’il soutient que le voyage à moto est plus sûr, Malick Diop prône la prudence dans la conduite pour éviter les accidents.

‘’Sur la route, nous avons vu aussi bien des véhicules que des motos impliqués dans des accidents’’, regrette-t-il.

Son compagnon de route, Moussa Sarr qui se rend aussi au Magal à bord des deux-roues est du même avis.

”Le trajet à moto est beaucoup plus simple et plus sécurisant que les voitures. Avec 8 000 francs CFA de carburant, on se rend dans la ville religieuse. Pour le reste, sur la route, il faut être responsable, c’est le seul moyen d’éviter les accidents’’, a-t-il dit.

BT/ADI/HK/FKS/HB/MTN