Thiès, 2 mars (APS)  – Le lycée technique et professionnel François Xavier Ndione de Thiès a bouclé, vendredi, une série de sessions qui ont permis de former 100 techniciens en froid et climatisation à l’utilisation des réfrigérants naturels, moins néfastes pour l’environnement et présentant une plus grande efficacité  énergétique.

Les membres de la dernière des cinq cohortes de vingt, formés depuis le 26 janvier au lycée technique  de Thiès, ont reçu leur parchemin. C’était lors d’une cérémonie couronnant ces formations appuyées par le projet Refroidissement respectueux de l’ozone et du climat en Afrique de l’Ouest et centrale (ROCA), en partenariat avec la Direction de l’environnement et des établissements classés.

Les cinq groupes ont chacun suivi une semaine de formation au Lycée technique.

Les bénéficiaires sont des frigoristes déjà actifs, des formateurs, des apprenants en fin de formation qui devront être des professeurs en froid et climatisation, des sortants du Lycée technique et d’autres structures de formation du pays.  Certains viennent de l’entreprise,  du secteur formel ou de l’informel.

Selon Youssou Guèye, chef des travaux au Lycée technique, “les frigoristes participent à hauteur de 10% à la destruction de la couche d’ozone”, par les gaz réfrigérants qu’ils utilisent. Les émanations des réfrigérateurs, climatiseurs et autres appareils de froid contribuent à l’effet de serre, au réchauffement climatique.

Conformément à ses engagements au plan international, le Sénégal a interdit depuis septembre 2021, l’importation des chlorofluorocarbures (CFC) et a décidé de réduire progressivement les hydrochlorofluorocarbures (HFC) pour atténuer leur impact sur les changements climatiques.

Les réfrigérants naturels comme le R290, le R717 ou encore le R744 sont promus viables dans les systèmes de refroidissement comme des alternatives, notent les organisateurs.

Cheikh Tall, membre du corps des formateurs, a noté que les réfrigérants naturels constituent des “alternatives plus efficaces dans la production de froid”.

Les techniciens ont été initiés à l’emploi de ces fluides frigorigènes naturels comme le propane,  pour exercer le métier de frigoriste dans les “meilleures conditions possibles pour la préservation de l’environnement”, a dit le proviseur du Lycée technique Souleymane Touré.

Pour Ndèye Sanou Loum, apprenante en fin de formation à l’Ecole normale supérieure d’enseignement technique et professionnel (ENSETP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, cette formation, en plus de leur permettre de se familiariser avec les réfrigérants naturels, leur a inculqué les bonnes pratiques pour les utiliser en toute sécurité.

Les réfrigérants naturels sont inflammables, explosifs ou nocifs quand ils sont à l’air libre, a relevé Abdoulaye Guèye, représentant du ROCA.

Par la voix de Mme Loum, par ailleurs membre du réseau des femmes frigoristes, les membres de la cinquième cohorte se sont engagés à être des vecteurs de diffusion des connaissances qu’ils ont acquises lors de cette formation.

Selon le proviseur du LTP, cet échantillon de 100 techniciens formés à l’utilisation des réfrigérants naturels, représentatif des plus de 1.000 frigoristes  en activité à travers le pays, serviront de relais auprès des autres, a-t-il dit.

“En tant que structure de formation professionnelle, nous allons les suivre sur le terrain et démultiplier au besoin les formations auprès des gens qui ne sont pas là, avec l’appui du ROCA”, a-t-il promis.

L’équipe de formateurs, parmi lesquels des enseignants envoyés par l’Ecole normale supérieure d’enseignement technique et professionnel (ENSETP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, “a été à la hauteur”, s’est félicité  le proviseur du LTP.

Il a invité les techniciens en froid et climatisation à être des “ambassadeurs” des entreprises et des Etats, en contribuant à l’efficacité énergétique et à la réduction de l’effet de serre.

Il leur a saisi l’occasion pour donner quelques conseils pour une carrière réussie à ses cadet dans ce métier qui a été le sien et qu’il considère comme “noble”. Il a insisté sur la la culture des relations personnelles, l’élégance et la bonne finition et la discrétion.

Le frigoriste entre dans la chambre du président quand son climatiseur tome en panne, comme il entre dans la salle d’opération. Si bien que, selon lui, un frigoriste ne doit pas être pauvre parce que tout le monde a besoin de lui.

Comme effets induits de l’organisation de ces sessions de formation, le Lycée technique a été en plus de la visibilité qu’il a gagnée, reçu du ROCA deux bancs didactiques, des appareils de manipulation utilisés dans la formation.

Après ces cinq cohortes, le LTP, considéré comme un centre de formation de référence, devra encore former en six mois 150 techniciens, dans le cadre d’un projet d’électrification de 300 villages.

Le ROCA fait partie d’un cluster de projets dénommé PROKLIMA créé depuis 1995 et exécuté par la GIZ. Il est cofinancé par la GIZ et l’Union européenne, pour intervenir au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso et au Cameroun, notamment dans les domaines du conseil politique, du transfert de technologie  et du renforcement de capacités.

ADI

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