Thiès, 22 jan (APS) – Des pharmaciens des secteurs public et privé ont entamé, lundi à Thiès, un atelier de partage de deux jours sur la nouvelle loi pharmaceutique révisée et les missions de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), a constaté l’APS.

Pendant deux jours, des pharmaciens venus de Tivaouane, Mékhé et Thiès regroupés à la Manufacture sénégalaise des arts décoratifs (MSAD), se verront notamment présenter, au premier jour, la loi pharmaceutique, révisée en juin 2023 et au deuxième jour, le concept de pharmacovigilance.

Cette loi pharmaceutique qui datait de 1954, était devenue caduque, a laissé entendre le Docteur Coura Coulibaly Diack, coordonnatrice de la cellule partenariats à l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique.

Initiée par l’ARP, cette formation menée simultanément dans six autres régions du pays, sera aussi un moment de vulgarisation de l’inspection réglementaire.

L’ARP a été mise sur pied par décret présidentiel le 7 avril 2022, dans l’optique de réaliser l’ambition du Sénégal d’atteindre la souveraineté pharmaceutique à l’horizon 2035.

D’ici là, le pays entend passer d’une production ”de 5%  à 50% des médicaments et produits de santé et vaccins dont ses populations ont besoin”, selon Mme Diack.

Pour atteindre cet objectif, cette agence devait être créée, pour réglementer le secteur pharmaceutique, afin de garantir la qualité des produits de santé, médicaments qui seront produits localement, en plus de ceux importés.

Au moment de sa création l’ARP, avait un niveau de maturité 1, alors que l’OMS exige un niveau 3, attestant la qualité requise en termes de certification du secteur de la pharmacie, pour libérer les lots de médicaments.

”Nous sommes sur le point de l’avoir”, a dit le Docteur Diack, selon qui, le Sénégal pourrait ainsi ”devenir le premier à atteindre le niveau de maturité trois en moins de cinq ans”.

Dans le cadre de la relance de son industrie pharmaceutique, le Sénégal avait posé un diagnostic qui a montré les obstacles de l’atteinte de la souveraineté pharmaceutique, identifiant ainsi une vingtaine projets et 9 réformes institutionnelles à mettre en œuvre, dont la création d’une agence de réglementation.

Selon Coura Coulibaly Diack, la Covid-19 a mis en exergue l’urgence pour le Sénégal de fabriquer ses propres vaccins et produits de santé.

Le Sénégal veut se positionner en un hub pharmaceutique dans la sous-région, pour à terme produire 300 millions de doses de vaccin par an, a dit la responsable.

Dotée en 2024 d’un budget de près de 6 milliards de FCFA, dont 1,3 milliard venant de l’Etat et 4,438 milliards des partenaires, l’ARP entend ériger quatre pôles au Nord, au Centre, à l’Est  et au Sud du pays, avec l’ambition d’avoir, à terme, un centre dans chaque région.

L’ARP devra exercer neuf fonctions réglementaires issues de ses missions, parmi lesquelles  la surveillance de marché, contrôle de la qualité des médicaments et autres produits de santé, l’octroi de licences aux établissements pharmaceutiques, l’inspection des 1.400 pharmacies du pays, des laboratoires d’analyse de biologie médicale, des sites d’essais cliniques relatifs aux médicaments entrent aussi dans ses prérogatives.

S’y ajoutent la lutte contre le marché illicite des médicaments et des produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés, la libération des lots de vaccins, la lutte contre l’exercice illégale de la pharmacie, font aussi partie de ses missions.


ADI/OID

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