SENEGAL-SOCIETE-STRATEGIE
Tambacounda, 22 juil (APS) – Des sessions d’échanges entre les autorités locales, les Forces de défense et sécurité (FDS) et les professionnels des médias se tient depuis lundi dans les départements de Goudiry, de Tambacounda et de Koumpentoum, en vue de renforcer la résilience communautaire et d’accentuer la prévention de l’extrémisme violent dans cette partie du Sénégal oriental.
Prévue pour trois jours, cette série d’échanges se veut “un cadre de dialogue qui essaie de casser toutes les cloisons entre ces 3 segments (FDS, médias et autorités) de la société qui doivent communiquer et collaborer pour le bien-être des populations et pour la fluidité de l’information sécuritaire dans un contexte assez préoccupant d’extrémisme violent dans la sous-région”, a expliqué Bakary Samb, président de Timbuktu Institute, un centre de recherche africain pour la paix basé à Dakar.
Des autorités locales, des membres des FDS et des représentants des professionnels des médias de la région prennent part à ces sessions d’échanges portant sur le thème “Autorités, Forces de défense et de sécurité et Médias en dialogue : quelles synergies pour la résilience et la prévention de l’extrémisme violent?”
Selon M. Samb, cet atelier vise à améliorer la gestion quotidienne de l’information dans la région de Tambacounda, afin de mesurer son impact sur la vie des communautés et sur la vie sociale de manière générale.

“Ce cadre nous permet de donner la parole aux acteurs des médias et de les outiller sur la gestion de l’information sensible. C’est aussi une opportunité de les mettre en contact avec les forces de défense et de sécurité qui ont également besoin de la collaboration de la population, notamment en termes de renseignements et une belle compréhension des dynamiques sociales”, a-t-il assuré.
Selon les organisateurs, ces cessions visent à renforcer les synergies entre les acteurs institutionnels et médiatiques, dans un contexte marqué par la persistance de défis sécuritaires dans les régions frontalières de l’est du Sénégal, notamment en raison de leur proximité avec des espaces sahéliens affectés par l’extrémisme violent, les trafics transfrontaliers et la circulation de discours de haine.
“La résilience des communautés face aux menaces sécuritaires dépend en grande partie de la capacité des autorités, des FDS et des médias à agir de manière concertée, à partager une compréhension commune des enjeux et à promouvoir une information fiable, responsable et apaisée”, lit-on dans une note d’information signée par le président de Timbuktu Institute, Bakary Samb.
Selon les termes de référence, les recherches de terrain menées par le Timbuktu Institute depuis 2020, dans les régions de Tambacounda et Kédougou, ont mis en évidence plusieurs défis structurels affectant les relations entre ces acteurs.
Ces recherches révèlent notamment l’existence d’incompréhensions mutuelles, de difficultés d’accès à l’information sécuritaire, d’insuffisances dans la communication institutionnelle ainsi que de perceptions divergentes du rôle des médias dans le traitement des questions sensibles laissées sans réponse.
D’après les recherches de Timbuktu Institute, ces vulnérabilités risquent d’éroder progressivement la confiance entre les institutions et les citoyens, de favoriser la circulation de rumeurs et de fausses informations, et d’offrir un terreau propice aux stratégies d’influence d’acteurs malveillants ou de groupes extrémistes.
Face à ces constats, le Timbuktu Institute dit vouloir créer, à travers ces sessions d’échanges, un cadre de dialogue “structuré” permettant aux autorités, aux FDS et aux médias de “renforcer leur compréhension mutuelle, d’identifier les obstacles entravant une collaboration efficace, de promouvoir des pratiques responsables dans la gestion de l’information sécuritaire et de co-construire des mécanismes durables de concertation adaptés aux réalités locales”.
ABD/HB/HK

