SENEGAL-SANTÉ-INNOVATION
Dakar, 22 juin (APS) – Les autorités sanitaires sénégalaises et l’Institut Pasteur de Dakar ont réaffirmé, lundi, la nécessité de renforcer les capacités diagnostiques en Afrique, estimant que l’innovation et la production locale constituent des leviers essentiels pour bâtir une véritable souveraineté sanitaire.
”Le diagnostic intervient à toutes les étapes de la médecine et de l’épidémiologie et conditionne l’efficacité de la riposte face aux crises sanitaires. Et l’Afrique enregistre en moyenne une nouvelle épidémie tous les trois jours, ce qui met en évidence la nécessité de disposer de systèmes performants de détection précoce et de surveillance’’, a déclaré Dr Ibrahima Socé Fall, administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar.
Il prenait part à la conférence internationale consacrée à l’innovation diagnostique en Afrique sub-saharienne qui se tient du 22 au 25 juin à Dakar.
‘’La rapidité du diagnostic conditionne la rapidité de la réponse’’, a-t-il souligné, estimant que ‘’chaque heure gagnée dans l’identification d’un cas permet de sauver des vies et de limiter les chaînes de transmission’’.
Selon lui, de nombreux pays africains restent confrontés à un accès ‘’limité’’ à des outils diagnostics fiables, dans un contexte marqué par la persistance des maladies infectieuses, la progression des maladies chroniques, la résistance aux antimicrobiens et les épidémies récurrentes.
Il a, dans ce sens, plaidé pour une coopération internationale fondée sur la co-construction, plutôt que sur l’assistance, saluant les projets de recherche menés en partenariat entre l’Afrique et l’Europe, notamment HOLICARE, UTI-DIAG, PvSeroRDT et DIDIDA.
‘’Les récentes crises sanitaires ont démontré qu’aucun système de santé ne peut être résilient sans une capacité diagnostique robuste, accessible et souveraine’’, a, pour sa part, relevé le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique.
Ibrahima Sy a rappelé, à cet effet, que le Sénégal a fait le choix stratégique d’investir durablement dans la recherche, l’innovation, la biotechnologie et la production locale de produits de santé, conformément à l’Agenda national de Transformation 2050.
Il a indiqué que cette orientation s’est déjà traduite par des résultats concrets, notamment l’atteinte par l’Agence nationale de réglementation pharmaceutique du niveau de maturité 3 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ainsi que la mise en place de l’Unité de gestion du projet de développement de l’industrie pharmaceutique afin de soutenir les partenariats publics et privés.

Le ministre n’a pas manqué de saluer les performances de la plateforme DIATROPIX, qui a développé le premier test rapide de dépistage de la rougeole au monde, avec l’accompagnement des autorités sanitaires sénégalaises pour sa validation clinique.
Pour les conférenciers réunis à Dakar, ces avancées illustrent la capacité du Sénégal à devenir un pôle continental reliant recherche, innovation et production industrielle, tout en démontrant que l’Afrique est en mesure de concevoir et de fabriquer des solutions de santé répondant aux standards internationaux.
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