SENEGAL-SOCIETE-MIGRATIONS
Mbour, 1er sept (APS) – Soixante Sénégalais rapatriés d’Afrique du Sud, dont 23 enfants et une dizaine de femmes, sont arrivés lundi à l’aéroport de Dakar où ils ont été accueillis par les autorités, a-t-on appris du directeur des Sénégalais de l’extérieur, Abdou Karim Cissé.
“Nous avons accueilli aujourd’hui 60 Sénégalais”, dont 23 hommes. “Vous l’avez vu, nous avons des enfants, des femmes et aussi des hommes”, a déclaré M. Cissé, précisant que ce rapatriement intervient dans un contexte de difficultés rencontrées par des ressortissants étrangers en Afrique du Sud.
Il a expliqué que cette opération s’inscrivait dans le cadre des instructions données par le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, pour “accompagner, protéger, assister nos compatriotes à l’étranger”.
“Dès le début des événements, la situation était suivie au niveau du ministère et au niveau du gouvernement. Et à chaque étape, notre ambassadeur rendait compte et faisait le suivi”, a-t-il souligné.
Abdou Karim Cissé a également salué le travail effectué par l’ambassade du Sénégal à Pretoria, notamment par l’ambassadeur Geneviève Faye et son équipe, dans le processus d’identification, d’inscription et d’accompagnement des Sénégalais souhaitant rentrer au pays.
“C’est l’occasion pour nous, donc, de féliciter vivement l’ambassadeur Geneviève Faye, Madame Manel, qui a abattu un excellent travail, et toute l’équipe de l’ambassade, pour faire ce processus, accompagner ces compatriotes, les inscrire et préparer leur départ pour une prise en charge totale par le gouvernement du Sénégal”, a-t-il déclaré.
Le directeur des Sénégalais de l’extérieur a précisé qu’un premier groupe d’environ six à sept personnes était déjà arrivé la semaine précédente, tandis que d’autres compatriotes pourraient être rapatriés dans les prochains jours ou mois.
“Il le faut rappeler aussi, ce sont des personnes qui veulent rentrer. C’est un peu la volonté de rentrer qui a poussé l’ambassadeur, avec ses équipes, à les inscrire, à les orienter et à les accompagner”, a-t-il indiqué.

Un dispositif de réintégration
Après leur arrivée au Sénégal, les personnes rapatriées bénéficient d’un dispositif d’accueil et de suivi destiné notamment à faciliter leur réintégration.
Selon Abdou Karim Cissé, la Direction des Sénégalais de l’extérieur dispose, dans les 14 régions du pays, de Bureaux d’accueil, d’orientation et de suivi (BAOS), chargés d’assister les migrants de retour.
Il a précisé que des fiches ont établies pour déterminer le profil des personnes rapatriées, leur parcours et leurs projets, avant leur orientation vers les BAOS de leur région respective.
“La réintégration est de plusieurs sortes. Il y a une réintégration psychosociale, parce que ces personnes ont été traumatisées. Il y a besoin de les accompagner. Il y a besoin de les orienter”, a-t-il indiqué.
À cela, s’ajoute une réintégration économique pouvant passer par “le financement de projets”, “un financement de la formation” ou encore “une insertion”, a-t-il ajouté.

Appel à éviter les discours stigmatisants
Évoquant les témoignages des Sénégalais rapatriés, le directeur des Sénégalais de l’extérieur a appelé à éviter les discours susceptibles de stigmatiser les communautés étrangères vivant au Sénégal.
“C’est l’occasion pour nous, après avoir écouté ces personnes, d’alerter et de dire qu’il faut qu’on arrête [de stigmatiser les étrangers]”, a-t-il dit.
Le Sénégal “est un pays de droit. Les lois doivent être respectées”, a-t-il rappelé, tout en saluant l’action des forces de défense et de sécurité.
Il a insisté sur la nécessité de ne pas stigmatiser de communauté en particulier.
Le Sénégal, connu pour être “un pays de paix, un pays de Téranga”, doit également veiller au respect des lois et règlements par toute personne vivant sur son territoire.

Une rapatriée témoigne
Fatoumata Binetou Sidibé, dite Aïcha, l’une des Sénégalaises rapatriées, a salué l’accompagnement de l’ambassade du Sénégal en Afrique du Sud.
Elle a expliqué avoir vécu dans la peur en raison des difficultés rencontrées par les étrangers en Afrique du Sud.
“Parce que nous tous, on avait peur. Je ne pouvais plus travailler”, a-t-elle raconté, soulignant que les contrôles et les demandes de documents contribuaient à renforcer cette peur.
Elle a également fait état de propos hostiles tenus à l’endroit des étrangers. “On ne veut plus d’étrangers. Et les étrangers ne doivent pas avoir de salon ici. Tout ça, on a vécu beaucoup de choses”, rapporte Mme Sidibé.
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