Seydi Gassama : “Les violences policières continuent de causer des décès dans ce pays”
Seydi Gassama : “Les violences policières continuent de causer des décès dans ce pays”

SENEGAL-SOCIETE

Dakar, 21 avril (APS) – Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a déploré, mardi, les décès notés dans le pays entre 2025 et 2026 à cause des bavures policières, invitant l’Etat à faire la lumière sur ces cas.

“On parle beaucoup des décès entre 2021-2024, mais les violences policières ont continué à en causer dans ce pays, notamment la mort de jeunes après des interventions policières à Rosso et à Dakar”, a-t-il dit.

Seydi Gassama s’exprimait à l’occasion du lancement du rapport annuel 2025-2026 d’Amnesty international sur la situation des droits humains au Sénégal. 

Il a salué, à cette occasion, l’engagement de l’Etat d’équiper les policiers les forces de l’ordre sur le terrain de caméras permettant d’enregistrer leurs interventions, afin de pouvoir les confronter en cas d’incidents.

Evoquant la question des réparations pour les victimes présumées des événements politiques de 2021-2024 ayant entraîné des dizaines de morts de manifestants, le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal a regretté qu’aucune famille ni aucune personne ayant subi des actes de torture n’ait encore obtenu justice.

“Les blessés n’ont pas obtenu justice. Ceux qui ont été arrêtés, emprisonnés, n’ont pas encore obtenu justice. Nous avons entendu le président de la République [Bassirou] Diomaye Faye dire que pendant [son] magistère, le temps de la politique ne va jamais supprimer le temps de la justice”, a rappelé Seydi Gassama.

“Lorsque la justice n’a pas lieu dans des délais raisonnables, c’est un déni de justice”, a-t-il tranché, citant Martin Luther King.

Selon lui, les pouvoirs publics auraient “pu prendre des initiatives pour faire la lumière sur ce qui s’est passé entre 2021 et mars 2024, parce qu’on ne peut pas accepter que 65 personnes perdent leur vie et que cela soit passé par pertes et profits, comme ça a souvent lieu ici au Sénégal”.

“Mais nous allons continuer à lutter”, a conclu le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal. 

CMS/ABB/BK