SENEGAL-ECONOMIE
Dakar, 12 mai (APS) – La promotion de la filière aquacole n’est plus un choix, mais ‘’un impératif stratégique’’ pour le Sénégal, en raison de la baisse de la consommation de poisson dans le pays et de la surexploitation des ressources halieutiques, a soutenu le directeur général de l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA), Samba Ka, mardi, à Dakar.
M. Ka présentait aux acteurs de l’aquaculture le plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030 de l’ANA. L’objectif du PSD est de créer 26 000 emplois et de produire 20 000 tonnes de poisson en quatre ans, avec des investissements d’un montant global de 36,5 milliards de francs CFA à réaliser à l’aide des partenariats public-privé.
‘’L’aquaculture n’est plus une option. C’est un impératif stratégique’’, dans un contexte de ‘’baisse de la consommation de poisson et de surexploitation des ressources halieutiques’’, a soutenu Samba Ka.
‘’Nos compatriotes mangent moins de poisson, une denrée dont les prix ne cessent d’augmenter. Et la pression sur les ressources halieutiques s’intensifie’’, a-t-il observé.
La consommation annuelle de poisson par habitant au Sénégal est passée de 29 kilos en 2008 à moins de 16 kilos depuis 2018, a indiqué le directeur général de l’ANA, relevant ‘’une tension structurelle’’ du secteur de la pêche.
Dans un contexte pareil, l’aquaculture devient l’une des meilleures solutions aux ‘’défis alimentaires, économiques et climatiques’’, a-t-il dit.
‘’Le PSD que nous lançons officiellement aujourd’hui n’est pas un document de plus. C’est un acte de rupture, une rupture […] avec la dispersion des projets’’, a souligné le directeur général de l’ANA.
Réduire la pression sur les ressources halieutiques naturelles
La production aquacole nationale était de 3 049 tonnes en 2025, a-t-il indiqué, ajoutant que le PSD va permettre aux aquaculteurs de produire environ 20 000 tonnes de poisson à l’horizon de 2030.
Le plan stratégique de développement permettra d’appliquer le Code de l’aquaculture, de développer les capacités techniques des aquaculteurs, de former au moins 10 000 acteurs de la filière et de développer une industrie nationale d’aliments aquacoles, afin de réduire les importations.
Avec le PSD, l’aquaculture sénégalaise doit générer environ 26 000 emplois, d’ici à 2030.
Les besoins de la filière aquacole en termes d’investissements sont estimés à 36,5 milliards de francs CFA.
‘’Le plan stratégique de développement de l’aquaculture […] va faire de ce sous-secteur un levier de souveraineté alimentaire et de création d’emplois’’, a dit le secrétaire général du ministère des Pêches et de l’Économie maritime, Mamadou Abibou Diagne.
‘’Nous pouvons faire de l’aquaculture un secteur de développement et de souveraineté nationale’’, a-t-il assuré.
D’après M. Diagne, il est possible, avec le PSD de l’ANA, de faire de l’aquaculture une alternative à la pêche extractive, de réduire la pression sur les ressources halieutiques naturelles et d’augmenter la consommation de protéines animales par les Sénégalais.
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