SENEGAL-SOCIETE
Thiès, 19 sept (APS) – Le chef de la brigade d’hygiène de Thiès, l’adjudant-chef Damien Ndione, a invité les propriétaires immobiliers à construire des fosses septiques à plus grande capacité, afin de lutter contre les déversements illégaux d’eaux usées sur la voie publique.
‘’En général, on demande aux gens de construire des fosses septiques à plus grande capacité, parce que la durée de remplissage est plus longue. Elles peuvent aller jusqu’à cinq ans’’, a dit l’adjudant-chef Damien Ndione dans un entretien avec l’APS.
Selon lui, une fosse étanche de petites dimensions impose une vidange tous les six mois, alors qu’une installation aux normes peut fonctionner pendant cinq ans sans nécessiter d’intervention.
Actuellement, souligne le responsable, beaucoup de maçons ne savent pas construire une fosse septique, qui demande un certain savoir-faire, vu son caractère ‘’scientifique’
Il s’agit d’une fosse rectangulaire avec trois compartiments et trois regards, pour la décantation, l’épuration et la liquéfaction. Il est équipé d’un système de drainage et d’un puisard quelque part.
”La fosse doit être étanche et bien enduite avec beaucoup de ciment au fond”, dit-il, déplorant que certains ‘’trichent en ne mettant pas de ciment’’. Selon lui, cette pratique va ‘’forcément contaminer la nappe phréatique’’.
La non-étanchéité d’une fosse peut provoquer des écoulements, laisse-t-il entendre. Il affirme avoir récemment reçu une plainte d’un particulier qui déplorait les refoulements de la fosse de son voisin dans l’une de ses chambres, obligeant ses occupants à l’abandonner en raison des gaz qui s’en dégageaient.
Le mis en cause a payé une amende de 200.000 francs CFA et la brigade d’hygiène a établi un procès-verbal de renseignement judiciaire. Les deux parties seront convoquées prochainement au tribunal, a-t-il fait savoir.
La loi interdit la vidange sur la voie publique ou dans les domiciles afin d’éviter toute contamination de la nappe phréatique. Dans certaines zones, les populations recourent à des puits ou à des mini-forages pour leur consommation, en cas de coupure de l’eau courante.
Le service d’hygiène fait des prélèvements dans les forages et puits pour vérifier la qualité de leur eau, à l’aide d’appareils de mesure appelés Potalabs ou Potatests.
Il s’agit de petits laboratoires portatifs tenant dans des mallettes et utilisés pour déterminer les paramètres physiques, chimiques et bactériologiques de certains forages, afin de vérifier la présence ou non de coliformes fécaux.
Le service d’hygiène s’intéresse également à l’accessibilité de la fosse par rapport au camion de vidange, signale l’adjudant-chef Damien Ndione, soulignant qu’il est déconseillé, par exemple, de positionner sa fosse à l’arrière du bâtiment.
Cela évite que lors de l’opération de vidange, le tuyau ne traverse le bâtiment, y compris parfois le salon, ce qui peut entraîner des suintements de liquides et des risques de contamination sur place.
Selon le chef de brigade, le service d’hygiène reçoit du service de l’urbanisme et de l’habitat les plans contenus dans les dossiers de demande d’autorisation de construire, pour recommandations. Les observations de la brigade d’hygiène portent surtout sur la ventilation, la position des fenêtres, l’emplacement de la fosse, en fonction du nombre d’occupants.
Les plans réalisés par des architectes professionnels sont souvent exempts de tout reproche, mais quand il s’agit de construire, les gens apportent des modifications, sans que ni le service de l’urbanisme, ni celui d’hygiène ne puissent faire le suivi, faute d’effectifs suffisants, dit-il.
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