SENEGAL-SOCIETE-PLAIDOYER
Kaolack, 29 sept (APS) – Le Cadre de réflexion et d’action sur le foncier au Sénégal (CRAFS) a plaidé, mardi, à Kaolack (centre), pour une réforme foncière globale fondée sur les préoccupations des acteurs et prenant en compte les questions d’aménagement du territoire et de gouvernance foncière.
“Nous sommes convaincus que pour qu’une loi soit applicable, elle doit refléter la volonté générale. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de recueillir les préoccupations des acteurs”, a déclaré le secrétaire permanent du CRAFS, Serigne Segnane, au terme d’une consultation zonale organisée dans le bassin arachidier.
Ces consultations, tenues dans les différentes zones agroécologiques du pays, ont pour objectif de recueillir les préoccupations des acteurs locaux, de les sensibiliser sur les nouvelles dynamiques foncières et de partager les propositions de la société civile en perspective de la réforme foncière annoncée par les autorités.
”Nous avons beaucoup écouté les doléances des acteurs et nous avons décidé de transmettre leurs préoccupations aux décideurs politiques”, a expliqué M. Segnane.
Il a annoncé que le CRAFS compte rencontrer les parlementaires pour leur présenter les recommandations issues des consultations, avant d’organiser un atelier national réunissant l’ensemble des parties prenantes du foncier.
Selon lui, cette démarche doit permettre de prendre en compte les préoccupations des principaux usagers de la terre dans la future réforme.
Le secrétaire permanent du CRAFS a également appelé les autorités à privilégier une réforme globale plutôt que des réformes sectorielles susceptibles, selon lui, de créer des incohérences dans le dispositif législatif.
Il estime que cette réforme doit notamment intégrer les questions d’aménagement du territoire et de délimitation des collectivités territoriales, qui constituent des sources de difficultés dans plusieurs localités.
Le CRAFS s’oppose par ailleurs à une éventuelle immatriculation généralisée des terres, estimant qu’elle pourrait favoriser leur marchandisation.
Serigne Segnane explique que la généralisation des titres fonciers, sans distinction entre les différents usages de la terre, notamment agricole et résidentiel, pourrait favoriser la vente de terres agricoles à d’autres fins.
Une telle évolution pourrait entraîner, selon lui, une reconversion des terres agricoles vers l’immobilier ou le tourisme et poser, à terme, la question de la souveraineté alimentaire.

Le président du Conseil régional de concertation et de coopération des ruraux (CRCR) de Kaolack, Sidy Bâ, a appelé, pour sa part, à privilégier le dialogue entre collectivités territoriales pour résoudre les conflits liés à l’accès au foncier et à l’extension des villes.
Il a cité notamment les difficultés liées à l’extension de certaines grandes communes qui cherchent de nouveaux espaces pour leur développement.
Pour Sidy Bâ, les collectivités et les communautés concernées doivent favoriser la concertation et le dialogue, afin de trouver des solutions consensuelles aux différends fonciers.
MS/BK
