SENEGAL-SANTE
Dakar, 22 juil (APS) – Dix-neuf pour cent des femmes mariées au Sénégal font part de besoins non satisfaits en planification familiale, un taux représentant un défi majeur pour la santé maternelle, en dépit des progrès significatifs enregistrés ces dix dernières années dans ce domaine, ont indiqué, mercredi, des responsables du ministère de la Santé et des acteurs de la société civile.
”19% des femmes mariées ont encore des besoins non satisfaits en Planification familiale (PF), et l’objectif national est de ramener [ce taux] à moins de 10 %”, a déclaré la cheffe de la Division de la Panification familiale à la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME), docteur Ndèye Awa Diagne, qui récemment participé à une étude visant à évaluer les besoins non satisfaits chez les personnes en situation de handicap.
Elle a participait à un point de presse consacré aux gaps et aux besoins non satisfaits en planification familiale, organisé dans le cadre du suivi des engagements du Sénégal envers l’initiative Family Planning 2030 (FP2030), un partenariat mondial axé sur les droits en matière de planification familiale.
Selon Mme Diagne, de nombreux facteurs continuent de freiner le recours à la planification familiale, notamment les pesanteurs socioculturelles, le manque d’information chez les adolescents et les jeunes, ainsi que les difficultés d’accès géographique et financier auxquelles sont confrontées de nombreuses femmes.
Dans cette dynamique, le ministère entend intensifier plusieurs approches déjà éprouvées, notamment les “écoles des maris”, la planification familiale communautaire, l’intégration des services de planification familiale avec ceux de la santé maternelle, néonatale et infantile et de la nutrition, tout en améliorant la qualité des données et la coordination des interventions.

De son côté, le secrétaire général de l’organisation 3CAP-Santé, docteur Karim Diop, a salué les progrès réalisés au cours de la dernière décennie.
Il a rappelé que le taux de prévalence contraceptive moderne chez les femmes en union était passé d’environ 12 % en 2012 à près de 26 % en 2023, permettant à 931.000 femmes d’utiliser une méthode moderne de contraception.
Selon lui, ces avancées ont permis d’éviter 360.000 grossesses non désirées, 128.000 avortements à risque et 830 décès maternels au cours de l’année 2023.
“Ces résultats montrent que la planification familiale sauve des vies”, mais restent “insuffisantes” pour infléchir durablement la mortalité maternelle, estimée à 236 décès pour 100.000 naissances vivantes, a insisté docteur Diop.
Il a toutefois averti que ces performances restent ‘’insuffisantes’’ pour infléchir durablement la mortalité maternelle, estimée à 236 décès pour 100.000 naissances vivantes.
Pour lui, le Sénégal devra porter son taux de prévalence contraceptive moderne entre 40 et 45 % afin d’obtenir un impact significatif sur cet indicateur.
Il a plaidé pour un engagement politique plus fort, un financement accru de l’achat des produits contraceptifs, la suppression des ruptures de stocks, ainsi qu’une plus grande implication des leaders religieux, communautaires et des familles dans la promotion de la planification familiale.
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