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Dakar, 9 mars (APS) – La présidente de l’Association des femmes sénégalaises des TIC (FESTIC), Rokhaya Solange Mbengue Ndir, a souligné, lundi, la nécessité de renforcer l’accès des femmes aux compétences numériques, estimant que leur inclusion dans le secteur technologique constitue un facteur déterminant pour la transformation économique et sociale du Sénégal.
“Il est nécessaire de renforcer l’accès des femmes aux compétences numériques. Leur inclusion dans le secteur technologique constitue un facteur déterminant pour la transformation économique et sociale du Sénégal”, a déclaré Rokhaya Solange Mbengue Ndir.
Elle intervenait lors d’un débat public consacré aux femmes et aux technologies de l’information et de la communication (TIC), organisé par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, de concert avec l’Association des femmes sénégalaises des TIC.
Selon Mme Ndir, des études montrent que les femmes ont 25 % de chances de moins que les hommes de développer des compétences numériques de base.
Pour corriger ces disparités, le FESTIC a mis en place le programme “Festic Boost Numérique”, destiné notamment à accompagner les femmes vivant dans les zones les plus reculées du pays.
“Le choix que nous avons fait est d’aller vers ces femmes qui se trouvent dans les coins reculés du Sénégal, qui n’ont malheureusement pas accès aux formations souvent concentrées dans la capitale”, a-t-elle expliqué.
Ce programme vise à rencontrer ces femmes sur le terrain, à les former et à renforcer leurs capacités afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans la transformation numérique.
La présidente du Festic a également rappelé que les femmes restent fortement sous-représentées dans certains domaines technologiques.
Selon elle, les femmes sont quatorze fois moins nombreuses que les hommes à maîtriser la programmation et treize fois moins nombreuses à déposer des brevets dans le domaine technologique.
Dans un contexte où près de 90 % des emplois futurs devraient nécessiter des compétences numériques, Rokhaya Solange Mbengue Ndir s’est interrogée sur la place que les femmes occuperont dans cette “révolution technologique en pleine accélération”.
Elle a toutefois estimé que lorsque les femmes accèdent aux technologies numériques, développent des compétences digitales et entreprennent dans le secteur technologique, elles deviennent “de puissants moteurs de transformation” pour leurs sociétés.
Le déficit d’autonomisation économique, un verrou pour l’essor numérique des femmes
Elle a salué, à cet égard, les orientations du New Deal Technologique porté par le Sénégal, qui vise à bâtir une économie “plus innovante, compétitive et inclusive”, sous l’impulsion du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique.
La rencontre a également permis d’aborder le cadre institutionnel ainsi que les initiatives concrètes mises en œuvre par des entreprises du secteur privé et des organisations de la société civile pour accompagner les jeunes et promouvoir l’inclusion numérique.
Rokhaya Solange Mbengue Ndir a exprimé sa gratitude aux partenaires du projet, notamment le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, l’Union européenne à travers l’initiative Global Gateway, ainsi que les coopérations allemande et française.
Selon elle, ces partenariats permettront de faire émerger des initiatives concrètes plaçant les femmes au cœur de l’économie numérique.
“La véritable question est de savoir comment faire en sorte que les femmes deviennent encore davantage des architectes majeures du présent et du futur numérique de l’Afrique et du Sénégal”, a-t-elle dit, estimant que cette ambition pourra être atteinte grâce à la mobilisation collective des acteurs de l’écosystème numérique.
La directrice des Technologies de l’information et de la communication (TIC) au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aïssatou Jane Ndiaye a cité l’autonomie économique parmi les “principaux facteurs” pouvant influencer l’accès des femmes aux outils numériques au Sénégal.
Selon elle, les défis qui se posent relèvent davantage de la capacité économique à accéder aux outils technologiques nécessaires pour profiter pleinement des opportunités offertes par le numérique, ajoutant : “l’accès à Internet a un coût et cela suppose une certaine autonomie financière pour pouvoir se connecter régulièrement”.
“A diplôme égal, les femmes et les hommes peuvent accéder au même niveau dans le secteur numérique”, a-t-elle martelé.
Le chargé des affaires politiques à la délégation de l’Union européenne au Sénégal, Damien Desquiens, a, pour sa part, mis en exergue les initiatives de l’UE allant dans le sens de renforcer les capacités numériques des femmes et à promouvoir leur participation à l’économie digitale au Sénégal.
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