SENEGAL-SANTE-PREVENTION
Dakar, 2 sept (APS) – Le Sénégal a atteint, au premier semestre 2026, un taux de couverture de 80% pour la première dose du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), une famille de virus très fréquents infectant la peau et les muqueuses, se transmettant de contact cutané et par voie sexuelle, a-t-on appris mercredi du chef du bureau formation et supervision de la division de l’immunisation du Programme élargi de vaccination (PEV).
‘’Le plan de relance de la vaccination élaboré en 2022 a permis d’avoir un taux de 80 % concernant la première dose et 72 % concernant la deuxième dose lors de ce premier semestre de l’année en cours’’, a déclaré Abdoulaye Mangane.
Le chef du bureau formation et supervision de la division de l’immunisation du Programme élargi de vaccination faisait une présentation à l’occasion d’un atelier consacré au plaidoyer en faveur de la vaccination contre le HPV organisé par l’Association des femmes médecins du Sénégal (AFEMS).
Ces performances placent le Sénégal sur une trajectoire favorable pour l’atteinte de l’objectif de 90 % de couverture vaccinale contre le papillomavirus humain d’ici à 2030, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
La progression de la couverture vaccinale reste toutefois confrontée à plusieurs difficultés, a relevé Abdoulaye Mangane, citant notamment l’hésitation vaccinale, les rumeurs et les fausses informations qui alimentent la méfiance chez certaines communautés.
Le refus ou l’hésitation de certains parents constitue également un obstacle, avec des cas particulièrement signalés dans des établissements scolaires privés, a-t-il fait remarquer.
Selon lui, le rattrapage multi-cohorte représente un autre défi opérationnel, en raison de la nécessité de gérer simultanément plusieurs cohortes de jeunes filles.
M. Mangane a aussi relevé les grèves récurrentes des agents de santé, la rétention de données sanitaires dans certains districts et le boycott du Programme élargi de vaccination, susceptibles de perturber la continuité des activités et la remontée des informations.
Pour la présidente de l’AFEMS, la professeure Fatou Samba Ndiaye, les résultats enregistrés à mi-parcours sont ‘’à peu près satisfaisants’’, tout en appelant à maintenir les efforts pour atteindre la cible de 90 %.
‘’L’essentiel est de maintenir le cap et d’arriver à cette couverture que l’OMS recommande qui est de 90 % d’ici 2030’’, a-t-elle déclaré.
La présidente de l’AFEMS estime par ailleurs que le passage à un schéma vaccinal à dose unique pourrait contribuer à accélérer les progrès. ‘’Le Sénégal travaille ainsi à la formalisation de cette option, avec l’ambition d’atteindre le seuil de 90 % dès l’année prochaine’’, a-t-elle rappelé.
D’ici l’année prochaine, a poursuivi Fatou Samba Ndiaye, on pense qu’on va arriver à ce taux de 90 % avec la dose unique. C’est possible et faisable dans notre pays.
Elle a insisté sur l’importance de disposer de données ‘’complètes et fiables’’ pour apprécier correctement les niveaux de couverture.
‘’Si les données ne sont pas toutes communiquées au niveau district et autres, on aura du mal à avoir des chiffres réels’’, a-t-elle relevé, appelant à un règlement de cette question au niveau central.
NSS/MTN/ABB
