“Oussouye 2050”, une vision agroécologique pour préserver environnement et modes de vie
“Oussouye 2050”, une vision agroécologique pour préserver environnement et modes de vie

SENEGAL-ENVIRONNEMENT-PERSPECTIVES

Oussouye, 12 mars (APS) -Une vision dénommée “Oussouye 2050”, destinée à promouvoir une transition agroécologique durable et à préserver l’environnement ainsi que les modes de vie dans ce département du même nom, a été validé jeudi par des autorités administratives, des acteurs territoriaux et des partenaires scientifiques.

La vision “Oussouye 2050”, portée par la Dynamique territoriale pour une transition agroécologique locale (DyTAEL), avec l’appui de partenaires scientifiques et institutionnels, a été présentée au cours d’une rencontre tenue au centre départemental d’appui et de formation (CEDAF) de Ziguinchor.

Le préfet du département d’Oussouye, Maurice Latir Dione, a salué le travail de réflexion mené par les différents acteurs, soulignant l’importance de cette initiative pour anticiper les défis environnementaux et agricoles auxquels le territoire pourrait être confronté.

“Je voudrais saluer tous les acteurs qui ont pris part au processus de réflexion et de mise en œuvre de cette dynamique pour une transition agroécologique locale”, a-t-il déclaré lors de la cérémonie de présentation de la vision.

Selon lui, la rencontre a permis de partager une orientation stratégique élaborée à l’issue de plusieurs activités participatives ayant mobilisé autorités administratives, élus territoriaux, services techniques, organisations locales et autres structures intervenant dans les domaines de l’agriculture et de l’écologie.

"Oussouye 2050", une vision agroécologique pour préserver environnement et modes de vie

Le préfet a notamment insisté sur l’importance de la structuration de la dynamique et de l’appropriation de la charte qui sera signée par les acteurs, estimant que ces éléments constituent des conditions essentielles pour atteindre les objectifs fixés.

“Si la structuration n’est pas bien réussie et si la charte n’est pas connue de tous, il sera difficile de relever les défis liés à cette vision”, a-t-il averti.

Il a toutefois relevé que le département d’Oussouye dispose d’atouts importants, notamment des pratiques sociales et culturelles historiquement favorables à l’agroécologie.

Mais, a-t-il ajouté, certaines menaces et risques existent, d’où la nécessité d’adopter une démarche d’anticipation.

Cette approche devra permettre d’identifier les responsabilités de chaque acteur afin de garantir qu’à l’horizon 2050, le territoire conserve une situation agroécologique favorable au développement et à l’épanouissement des communautés locales.

Selon le secrétaire général de la DyTAEL d’Oussouye, Patrice Diatta, cette journée marque l’aboutissement de plusieurs mois de travail consacrés à l’élaboration de cette vision territoriale.

“Nous avons travaillé pendant plusieurs mois sur la question de la vision, et nous avons aujourd’hui le plaisir de présenter ce document aux autorités du département, afin qu’elles puissent se l’approprier et contribuer à sa diffusion”, a-t-il expliqué.

"Oussouye 2050", une vision agroécologique pour préserver environnement et modes de vie

L’atelier a également permis de partager une charte d’engagement et un document de structuration de la dynamique, considérés comme le point de départ de la mise en œuvre de la vision.

Selon lui, cette démarche repose sur quatre axes majeurs : les valeurs socioculturelles, l’agriculture, les ressources halieutiques et le développement du terroir.

Des travaux de groupe ont également été organisés afin de permettre aux acteurs de définir des plans d’actions prioritaires que les structures, organisations et entreprises locales pourront mettre en œuvre pour concrétiser cette vision territoriale.

Raphaël Belmin, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et membre de la dynamique de recherche-action Pratam, a rappelé que la vision “Oussouye 2050” est le fruit d’une année d’ateliers participatifs impliquant scientifiques, collectivités territoriales, services de l’État, organisations professionnelles, associations et acteurs économiques.

Il estime que cette vision traduit la volonté des acteurs du département de préserver un modèle de développement territorial fondé sur une agriculture enracinée et modernisée, la valorisation des cultures et des langues locales, la protection des forêts, la souveraineté halieutique et la valorisation économique du terroir, notamment à travers le tourisme et les produits locaux.

"Oussouye 2050", une vision agroécologique pour préserver environnement et modes de vie

Plusieurs partenaires scientifiques, dont le CIRAD, l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), l’Université Assane Seck de Ziguinchor et l’INRAE, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement de France, accompagneront la DyTAEL dans les réflexions et les actions à mener.

“Notre rôle consiste à appuyer les réflexions, à apporter un accompagnement technique et, lorsque cela est possible, un appui financier à certaines initiatives territoriales”, a expliqué Raphaël Belmin.

Toutefois, a-t-il précisé, les chercheurs ne se substituent pas aux acteurs de développement ni aux institutions publiques, leur mission étant surtout de favoriser la mise en relation, la synergie entre acteurs et l’ingénierie territoriale.

La vision stratégique présentée devrait servir de boussole pour orienter les futurs plans d’action de la DyTAEL, en vue de promouvoir un développement territorial durable et résilient dans le département d’Oussouye.

"Oussouye 2050", une vision agroécologique pour préserver environnement et modes de vie

MNF/BK/MTN