SENEGAL-EDUCATION-SOCIAL
Dakar, 17 avr (APS) – Le gouvernement du Sénégal ne refusera rien qui soit possible de faire pour satisfaire les revendications des syndicats du secteur de l’éducation et de la formation, a déclaré le Premier ministre, Ousmane Sonko, assurant que le protocole d’accords signé avec le G7 sera respecté malgré le contexte difficile.
“Je voudrais que les enseignants comprennent que nous sommes engagés, tous ici avec vous, dans un processus de réforme en profondeur. Et je puis vous assurer que nous ne vous refuserons rien qui soit possible. Dans cette phrase, il y a deux aspects importants, donner et avoir la capacité de donner”, a-t-il dit.
Le Premier ministre présidait jeudi la cérémonie de clôture de la signature d’un protocole d’accords entre son gouvernement et le G7, regroupant les syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation et de la formation.
“Nous disons la même chose, sauf qu’il y a deux aspects qui ne sont pas suffisamment intégrés quelquefois. C’est le contexte et c’est le tempo. Et si on ne les intègre pas suffisamment, on tombe dans un dialogue de sourds”, a-t-il indiqué.
Pour Ousmane Sonko, l’Etat et les représentants des syndicats des différents secteurs doivent s’écouter mutuellement pour que chacun comprenne les préoccupations de son partenaire.
“Cet Etat a l’obligation d’écouter les enseignants, le secteur de la santé, les greffiers, les transporteurs, les agriculteurs. Mais nos vis-à-vis ont aussi l’obligation de nous écouter et de nous comprendre ; or, [parfois], nous avons l’impression qu’il y a un biais dans cette écoute”, a-t-il avancé.
Le chef du gouvernement estime que le respect des accords soulevés par presque tous les responsables syndicaux du G7 constitue un problème fondamental, rappelant que les régimes précédents ont pris des engagements qu’ils ne pouvaient pas réaliser.
“Je puis vous garantir que ce qui a été signé sera respecté parce que nous nous sommes limités à dire ce que l’on peut faire, ce qu’on ne peut pas faire, peut-être que cela sera possible mais [ultérieurement]. On le fera comme ça avec tous les secteurs”, a-t-il insisté.
Il a promis que le gouvernement s’engage à ne pas s’inscrire dans un “schéma de tromperie” avec ses interlocuteurs.
“Ce sera un langage de vérité, un langage de transparence, parce que ce qu’il faut, c’est qu’on puisse, ensemble, cheminer […] sur des choses faisables, réalisables en ayant une présomption de bonne foi [mutuelle]”.
M. Sonko a signalé que le cumul des accords que les syndicalistes ont sur les plateformes revendicatives actuellement n’est que “le résultat de la volonté de tromper” des précédents gouvernements.
”Vous ne pouvez pas ignorer que le Sénégal oriente plus de 70% de tous ses revenus [vers le remboursement d’une] dette qui nous asphyxie. Vous ne pouvez pas ignorer que c’est quasiment un exploit et des gymnastiques pour stabiliser ce pays pour que les fondamentaux soient maintenus”, a-t-il relevé, soulignant les efforts que l’Etat a fait pour baisser les prix d’un certain nombre de denrées.
Selon lui, le Sénégal n’a pas encore commencé à créer des richesse pouvant lui permettre d’engager une répartition égale entre les différents secteurs de la société.
Le Premier ministre a toutefois déploré ces mouvements de grèves qui, selon lui, ont malheureusement des conséquences sur le quantum horaire.
Il dit être convaincu que les enseignants “sauront trouver les mécanismes pour résorber ces heures afin que les enfants puissent passer le cap dans les meilleures conditions possibles, et éviter de trimbaler des lacunes qui vont plus tard les poursuivre sur le reste de leur cursus”.
Le chef du gouvernement a réaffirmé son engagement, en tant que “fervent allié de l’enseignement et acteur de l’école sénégalaise”, à faire en sorte que cette école publique fasse les réformes qu’il faut et que, d’ici quelques années, “nous n’ayons plus à déplorer des situations qui ont conduit à ce que nous avons vécu”.
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